Actualisé 23.12.2010 à 12:17

nucléaireAccord signé sur deux futures centrales

Les grandes sociétés d'électricité suisses ont signé un accord sur la planification et la construction de deux nouvelles centrales nucléaires.

Après «d'intenses négociations», les fournisseurs d'électricité Axpo, Alpiq et FMB ont décidé de participer chacun pour un tiers à une société de planification commune, ont-ils écrit jeudi dans un communiqué. La société avancera sur les projets de nouvelles centrales à Beznau (AG), Gösgen (SO) et Mühleberg (BE). La sélection définitive de deux nouveaux sites sera effectuée à mi-2012.

La décision quant à l'ordre de construction sera prise au plus tard avant le projet de message et de décision, conformément à la procédure de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), précise le communiqué. Jusque là, «l'objectif est de planifier en partenariat trois projets comparables».

La concurrence entre le groupe Axpo, Alpiq et les Forces motrices bernoises (FMB) n'est donc pas terminée. Mais «cette approche permet d'accélérer les procédures politiques et administratives, d'exploiter les synergies et de réduire les coûts», expliquent les trois entreprises.

Affaire à 10 milliards

Pour les trois patrons, cités dans le communiqué, l'accord constitue «une percée importante» et un «jalon sur la voie d'un approvisionnement en électricité sûr et fiable en Suisse». «Les négociations entre les groupes ont certes duré longtemps», a dit à l'ATS Martin Bahnmüller, porte-parole d'Alpiq. Vu l'importance des investissements, ce n'est toutefois pas surprenant: «Il en va tout de même de 10 milliards de francs».

«C'est bien pour eux», a réagi Marianne Zünd, responsable de la communication de l'OFEN. Mais pour l'Office fédéral, cela ne change rien à la procédure. «Nous avons toujours trois demandes à traiter», soit les trois demandes d'autorisation générale déposées respectivement par FMB pour Mühleberg, Axpo pour Beznau et Alpiq pour Gösgen.

Le Conseil fédéral se prononcera probablement en 2012. «Il peut encore se décider pour une, deux ou trois nouvelles centrales», a rappelé Mme Zünd.

Le dossier passera ensuite au Parlement. Puis le peuple aura certainement le dernier mot. La votation populaire pourrait avoir lieu en 2013. En cas de oui, les deux nouvelles centrales pourraient être connectées au réseau entre 2025 et 2027.

Handicap pour Alpiq

Dans la concurrence à la construction aux nouvelles centrales, Alpiq part avec un handicap concernant le site choisi, Gösgen étant la centrale la plus moderne. Si l'administration fédérale considère les trois projets présentés comme équivalents, cette dernière risque de ne pas être remplacée.

«Nous soutenons tout de même totalement l'accord conclu», a assuré Martin Bahnmüller. Si les sites de Mühleberg et Beznau sont choisis, Alpiq «pourra vivre avec cette décision», a-t-il ajouté. «Ce qui compte, c'est que les trois fournisseurs participent de manière égale aux nouvelles centrales, indépendamment du site choisi».

La centrale nucléaire de Gösgen a été inaugurée en 1978. Beznau I livre du courant depuis 1969 et Beznau II depuis 1972. C'est également en 1972 que Mühleberg est entrée en action. Il est désormais prévu que ces centrales cessent d'être opératives en 2020.

Les Bernois votent en février

Les citoyens du canton de Berne voteront le 13 février sur le remplacement de la centrale nucléaire de Mühleberg. L'issue du vote n'a pas un caractère contraignant, mais informera la Confédération sur la popularité du nucléaire. De son côté, le canton soutient le renouvellement de la centrale.

Le gouvernement bernois conteste toutefois les chiffres de FMB sur le coût de l'opération. Selon lui, il pourrait monter jusqu'à 15,7 milliards, contre 7 à 9 milliards estimés par le groupe d'électricité. (ats)

L'alliance «Non au nucléaire» mécontente

L'alliance «Non au nucléaire» s'oppose à la construction de toute nouvelle centrale, peu importe qu'il s'agisse d'un ou deux projets, a-t-elle martelé jeudi. La plupart des 10 milliards prévus pour construire la centrale serait versée à l'étranger, argumente-t-elle. Cet argent devrait plutôt être investi dans la promotion des énergies renouvelables en Suisse.

Ces dix dernières années, l'Allemagne a produit une quantité de courant renouvelable équivalent à 22 centrales de type Mühleberg. Elle a ainsi créé 250'000 emplois, et ce dans une période économique difficile, relève-t-elle.

En Suisse, grâce à la nouvelle rétribution du courant injecté dans le réseau électrique, plus de 10'000 projets ont été annoncés dans le domaine des énergies renouvelables. Cela correspond à la quantité de courant produite par deux centrales nucléaires comme Mühleberg, conclut-elle.

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