Actualisé 01.03.2009 à 17:49

UEAccord sur les actifs toxiques des banques

Les pays de l'UE sont parvenus dimanche à un accord-cadre sur le traitement des actifs toxiques des banques. Ils ont en revanche exclu un grand plan d'aide généralisé aux pays d'Europe de l'Est qui seraient confrontés à de graves difficultés financières.

«La réunion a permis d'arriver à un accord sur le traitement des actifs toxiques» qui plombent les bilans des établissements, a annoncé le président français Nicolas Sarkozy au cours d'un point de presse à l'issue d'un sommet européen informel à Bruxelles.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a de son côté parlé d'un «accord global» sur «un cadre commun», précisant qu'une décision finale serait prise au prochain sommet des dirigeants européens les 19 et 20 mars.

Pas de «mauvaises banques» française

Cet accord porte "sur la manière de traiter les actifs toxiques", a-t-il ajouté. Il prévoit que les aides publiques aux grandes banques ne débouchent pas sur des restrictions pour les prêts de leurs filiales dans les pays d'Europe centrale et de l'Est.

L'accord conclu laisse à chaque Etat une «grande flexibilité sur la détermination des actifs éligibles" mais il procure un "cadre européen de facon à assurer le bon fonctionnement du marché intérieur», a renchéri M. Sarkozy.

Le président français a réitéré que son pays n'entendait pas avoir recours à des structures de défaisance («mauvaises banques») pour assainir le bilan de ses établissements financiers en cantonnant leurs actifs toxiques, mais que des pays comme la Grande- Bretagne, les Pays-Bas et l'Allemagne étaient demandeurs.

Soutien au cas par cas

Les dirigeants européens ont également décidé que l'UE soutiendrait au cas par cas les pays d'Europe de l'Est, qui seraient confrontés à de graves difficultés financières. Ils ont toutefois exclu en l'état un grand plan d'aide généralisé.

«Il est tout à fait clair que l'Union européenne ne laissera personne sur le bord de la route», a déclaré le premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'UE. «Tous les pays membres recevront l'assistance nécessaire dans les cas appropriés», a-t-il ajouté.

Mais dans le même temps, un plan spécifique de l'UE pour les pays d'Europe de l'Est, comme le souhaite la Hongrie, particulièrement affectée par la crise financière et économique, n'a pas été accepté en l'état.

«Nous avons clairement rejeté» l'idée de "diviser l'Europe entre anciens pays membres et nouveaux pays membres, entre Est et Ouest", a expliqué M. Topolanbek. José Manuel Barroso a lui souligné que - la Hongrie mise à part - les pays d'Europe de l'Est eux-mêmes «n'ont pas souhaité» un tel plan.

Refus du protectionnisme

Les dirigeants européens ont en outre rejeté tout recours à des mesures protectionnistes pour affronter la crise. Ils affirment aussi leur volonté de faire «une utilisation maximale du marché unique» européen, qui garantit la libre circulation des marchandises, services, personnes et capitaux, «pour soutenir la croissance et l'emploi».

Une vive controverse sur le sujet a opposé ces dernières semaines la présidence tchèque de l'UE à la France, après l'annonce par Paris d'un plan d'aide au secteur automobile qualifié par Prague de protectionniste.

Mirek Topolanek a par ailleurs annoncé que le président américain Barack Obama avait accepté une invitation à participer à un sommet entre les Etats-Unis et les dirigeants de l'UE. Ce sommet aura lieu le 5 avril à Prague, au lendemain du sommet du G20 à Londres et de celui de l'OTAN à Strasbourg-Kehl. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!