Syrie: Accord trouvé à Munich pour un cessez-le-feu

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SyrieAccord trouvé à Munich pour un cessez-le-feu

Non sans tension, les puissances ont fixé une semaine aux belligérants. La nuit a porté conseil aux négociateurs des grandes puissances.

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Le chef de l'Etat syrien, Bachar al-Assad, s'exprime pour la première fois sur l'accord de cessez-le-feu, qu'il estime «difficile». (16 février 2016)

Le chef de l'Etat syrien, Bachar al-Assad, s'exprime pour la première fois sur l'accord de cessez-le-feu, qu'il estime «difficile». (16 février 2016)

Keystone
Des tirs de missiles ont «tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés» dans «au moins» cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib (nord de la Syrie), a annoncé lundi l'ONU. (Lundi 15 février 2016)

Des tirs de missiles ont «tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés» dans «au moins» cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib (nord de la Syrie), a annoncé lundi l'ONU. (Lundi 15 février 2016)

AFP
Au moins dix-neuf personnes, dont quatre enfants, ont été tuées lundi lors de frappes de l'aviation, vraisemblablement russe, contre un hôpital soutenu par Médecins sans frontières, dans le nord de la Syrie.  Le raid a eu lieu à Hadiyé, une localité au sud de Maaret al-Noomane. (Lundi 15 février 2016)

Au moins dix-neuf personnes, dont quatre enfants, ont été tuées lundi lors de frappes de l'aviation, vraisemblablement russe, contre un hôpital soutenu par Médecins sans frontières, dans le nord de la Syrie. Le raid a eu lieu à Hadiyé, une localité au sud de Maaret al-Noomane. (Lundi 15 février 2016)

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«Les résultats seront mesurés par ce qui se passera sur le terrain (...) pas sur les mots qui sont sur un bout de papier ce soir», a mis en garde le chef de la diplomatie américaine John Kerry à l'issue des discussions marathon du groupe international de soutien à la Syrie (ISSG).

Les grandes puissances se sont en effet mises d'accord dans la nuit de jeudi à vendredi à Munich sur une cessation des hostilités en Syrie d'ici une semaine.

La Russie, de plus en plus critiquée pour ses bombardements, a en outre cédé pour permettre d'acheminer davantage d'aide humanitaire.

Modalités

Son homologue russe Sergueï Lavrov a jugé que c'était au gouvernement et à l'opposition syrienne «de prendre les mesures nécessaires». «Nous devrons probablement user de notre influence sur les parties», a-t-il dit.

Les Etats-Unis et la Russie vont piloter les «modalités» de mise en oeuvre de cette cessation des hostilités, a précisé Sergueï Lavrov, en notant que c'était le premier pas» vers un cessez-le-feu plus permanent.

«Nous avons aussi convenu d'accélérer et d'élargir la fourniture d'aide humanitaire dès à présent» à une série de villes assiégées, a ajouté John Kerry, en citant entre autres Deir Ezzor, où les forces loyalistes sont assiégées par l'Etat islamique (EI).

Négociations intersyriennes

Un groupe de travail piloté par l'ONU va se réunir dès vendredi à Genève pour mettre en oeuvre ce volet humanitaire et fera des «comptes-rendus hebdomadaires», a-t-il précisé.

Les négociations intersyriennes, suspendues au début février en raison d'une offensive du régime appuyée par l'aviation russe sur les rebelles, doivent par ailleurs «reprendre dès que possible», a dit John Kerry.

Ces pourparlers doivent avoir lieu «sans ultimatums et préconditions», a souligné Sergueï Lavrov. Moscou refuse notamment de faire du départ du président Bachar el-Assad un préalable. Les Occidentaux continuent eux d'affirmer qu'avec lui une solution durable en Syrie est impossible.

Il a relevé que la Russie ne cesserait pas ses attaques aériennes, notant, à l'instar de son homologue américain, que la cessation des hostilités ne s'appliquait pas à l'Etat islamique et au Front al-Nosra, ce dernier étant affilié à Al-Qaïda.

Proposition russe

Dès jeudi matin, la Russie avait laissé planer la perspective d'une trêve. En parallèle, elle avait mis en garde par la voix de son premier ministre, Dmitri Medvedev, contre un risque de «guerre mondiale» en cas d'intervention terrestre étrangère en Syrie.

A Bruxelles, où les pays de l'OTAN étaient réunis jeudi, le secrétaire américain à la défense Ashton Carter a souhaité que la coalition anti-EI engrange rapidement «des gains tangibles» grâce à l'augmentation des contributions militaires des pays participants.

Dans la journée, le haut-commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein avait pour sa part dénoncé la situation «grotesque» en Syrie. Selon lui, les raids russes lancés depuis la semaine passée en soutien au régime dans la région d'Alep ont fait plus de 51'000 déplacés. Quelque 300'000 personnes sont en outre menacées de siège dans cette ville.

UE et ONU ciblées par la Turquie

Les nouvelles arrivées de réfugiés près de la frontière turque, qui reste fermée, renforcent aussi les tensions avec Ankara. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé les critiques sur sa politique d'accueil des réfugiés syriens en menaçant l'Europe de laisser filer les migrants.

Il s'en est également pris à l'ONU, qui lui demande d'accueillir davantage que les 3 millions de réfugiés arrivés sur son territoire, alors qu'elle ne s'active pas pour mettre fin aux violences, selon lui.

Sur le terrain, les forces du régime avançaient jeudi vers Tall Rifaat, un des bastions les plus importants de l'insurrection dans la région d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche des rebelles citée par Reuters.

En près de 5 ans, le conflit a fait au moins plus de 260'000 victimes, ou près du double selon certaines sources, 6,5 millions de déplacés et 4,6 millions de réfugiés. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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