Actualisé 02.06.2006 à 05:25

Accord trouvé à Vienne sur le nucléaire iranien

Les six grandes puissances réunies à Vienne ont proposé de suspendre toute action du Conseil de sécurité de l'ONU contre Téhéran si ce dernier accepte d'interrompre ses activités d'enrichissment d'uranium.

«Nous sommes convenus d'un ensemble de propositions de grande portée comme base de discussions avec l'Iran», a déclaré jeudi à la presse la ministre britannique des affaires étrangères Margaret Beckett à l'issue de la réunion organisée dans la capitale autrichienne.

La ministre était accompagnée de ses cinq homologues et du haut représentant de l'Union européenne (UE) pour la politique extérieure Javier Solana.

Nouvelles mesures

«Nous sommes prêts à reprendre des négociations au cas où l'Iran rétablirait la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement, comme l'a demandé l'AIEA, et nous suspendrions aussi toute action au Conseil de sécurité».

«Nous sommes également convenus que si l'Iran décidait de ne pas s'engager dans la négociation, de nouvelles mesures devraient être prises au Conseil de sécurité», a-t-elle ajouté.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) et l'Allemagne ont discuté durant plusieurs heures avant de trouver une offre commune pour que Téhéran abandonne l'enrichissement de l'uranium.

Revirement américain

Plus tôt, le président américain George W. Bush avait mis en garde l'Iran contre l'entrée en action du Conseil de sécurité de l'ONU s'il refuse cette condition. «Si telle est leur décision, la prochaine étape, bien sûr, consistera pour nos partenaires de la coalition à aller devant le Conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il déclaré.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait créé la sensation mercredi en annonçant que les Etats-Unis - contrairement à leurs positions antérieures - participeraient directement aux négociations des trois pays européens (Allemagne, France, Grande- Bretagne) à condition que Téhéran suspende d'abord son enrichissement.

Tout en saluant la possibilité d'un «dialogue impartial» avec Washington, le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a toutefois déclaré que suspendre l'enrichissement était hors de question.

Offre américaine saluée

De nombreux pays ont accueilli favorablement l'offre américaine de dialogue. Le premier ministre français Dominique de Villepin a salué «une étape importante, pour ne pas dire décisive». Margaret Beckett y a vu quant à elle «une véritable chance» de parvenir à un accord entre l'Iran et la communauté internationale.

L'Iran a annoncé en avril dernier avoir réussi à enrichir l'uranium dans son usine de Natanz à 3,5 % puis à 4,8 %. Téhéran refuse de suspendre cette activité malgré la demande du Conseil de sécurité de l'ONU.

La République islamique assure que son programme nucléaire a un objectif purement civil. Les Occidentaux craignent qu'il ne dissimule un volet militaire. (ats)

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