GenèveAccord trouvé dans le conflit au sein de Swissport
Après des mois de confrontation entre le personnel et sa direction, une convention collective de travail a été signée. Les syndicats ont dû lâcher du lest.
- par
- David Ramseyer

Manifestation des employés de Swissport à Genève Aéroport, le 12 janvier 2021.
C’est la fin d’un conflit qui durait depuis des mois, entre Swissport et ses employés. L’entreprise d’assistance au sol a annoncé vendredi la signature d'une nouvelle convention collective de travail (CCT) avec les syndicats des services publics (SSP) et du personnel des transports (SEV). L’accord sera effectif dès le 1er mars prochain, pour une durée de vingt mois. Les organisations de défense du personnel sont cependant loin d'être satisfaites.
Soutenus par leurs représentants, des dizaines de collaborateurs fustigeaient les propositions de contrats «bas de gamme» de leur employeur, qui impliquaient jusqu’à 1200 francs de baisse de salaire par mois, moins de vacances, et des heures de travail en plus. De son côté, Swissport invoquait les difficultés du secteur aérien en raison de la pandémie, qui la «contraignait» à revoir son modèle de fonctionnement interne. L’Etat de Genève avait joué les médiateurs, en vain.
Mieux que rien
Le contenu de l’accord «reste faible par rapport à nos espoirs, a avoué Jamshid Pouranpir, du SSP. Un mécanisme de participation du personnel aux résultats de l'entreprise a été intégré. Si Swissport atteint 95% de ses objectifs, une prime sera versée aux employés. Il y aura également moins d'horaires coupés.» Par contre, il n’y aura pas de changement ayant trait aux baisses de salaires et aux vacances, malgré les revendications exprimées. «Elles ne semblent actuellement pas réalisables. Les employés ont accepté de faire des concessions avec l'idée qu'il y aura une redistribution du profit par la suite. C'est un accord acceptable, mais provisoire, le temps de sortir de la crise.»
Le syndicaliste estime qu’une réévaluation sera nécessaire une fois la situation stabilisée. «Nous avons trouvé important de maintenir le partenariat social, a conclu Jamshid Pouranpir. Mais il y a quand même une certaine insatisfaction chez les employés. Beaucoup ne se retrouvent plus dans l'esprit de l'entreprise.»
Swissport satisfait
De son côté, Swissport Genève a estimé que l’accord tenait compte de sa situation financière et des demandes des syndicats. «Nous pouvons maintenant nous concentrer sur les perspectives d'avenir et sur la reprise des activités post-pandémie, dans un climat de stabilité et de sécurité pour les employés.» L’entreprise a assuré n'avoir procédé «à aucun licenciement lié à la pandémie, malgré la crise».
Le tout jeune syndicat «Avenir Syndical» n'a pas signé la CCT.