Actualisé 08.10.2012 à 18:00

Relations bilatéralesAccords signés entre la Suisse et le Turkménistan

Eveline Widmer-Schlumpf et le président turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov ont signé lundi des accords pour renforcer les liens entre les deux pays, notamment dans le domaine économique.

Le président turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov a été accueilli par une parade militaire

Le président turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov a été accueilli par une parade militaire

La rencontre lundi du président du Turkménistan Gurbanguly Berdymukhamedov et d'Eveline Widmer-Schlumpf était placée sous le signe d'accords dans le domaine économique. Face aux critiques du non-respect des droits de l'homme dans ce pays d'Asie centrale, le controversé chef d'Etat n'a pas pris d'engagements concrets.

La présidente de la Confédération a décrit les discussions avec son homologue turkmène comme «bonnes et constructives» lors de la conférence de presse au domaine du Lohn, à Kehrsatz (BE), à l'issue de la rencontre. Pour renforcer les relations bilatérales entre les deux pays, quatre accords, dont une convention de double imposition et trois mémorandums d'accord, ont été signés lors de cette visite officielle.

De son côté, M. Berdymukhamedov, qui était accompagné de plusieurs membres du gouvernement turkmène, a présenté comme prioritaire l'acheminement vers la Suisse des matières premières tels que le gaz et le pétrole. La grande richesse en matières premières du Turkménistan est une des forces du pays et présente des perspectives intéressantes pour les entreprises suisses.

Selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), quinze entreprises suisses sont déjà actives dans ce pays dans les domaines de l'industrie pharmaceutique, du transport et de l'alimentation. Le président turkmène a mentionné 33 firmes qui entretiennent des liens étroits avec son pays.

Le tourisme devient également un point fort de la collaboration entre les deux pays. Le président turkmène a souligné que les nombreuses possibilités touristiques de son pays constituaient une ouverture intéressante pour la Suisse. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, chef du Département fédéral de l'économie, a également pris part aux entretiens.

Droits de l'homme: servir de modèle

Mme Widmer-Schlumpf a confirmé que les discussions ont porté non seulement sur le domaine économique mais également les droits politiques et humains. D'après elle, le rôle de la Suisse est de soutenir le Turkménistan dans son processus démocratique en lui servant de modèle. La présidente de la Confédération a parlé d'»un jeune pays en pleine évolution».

Ancienne république soviétique, le Turkménistan est un des pays les plus isolés au monde. Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent régulièrement les dérives totalitaires du régime: détention illégales d'opposants, non-respect de la liberté d'expression et des médias, restrictions de voyage.

Devant les médias, dont de nombreux turkmènes, le chef d'état turkmène a répondu de manière ferme: «Chaque citoyen turkmène est libre et reçoit chaque mois gratuitement de l'eau, du gaz, de l'essence. Alors qui parle de violation des droits de l'homme?» Aussi, il a assuré qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques dans les geôles de son pays.

Première visite d'un président turkmène

La visite lundi de Gurbanguly Berdymukhamedov constituait la première visite officielle d'un président turkmène en Suisse. A l'inverse, dans le passé, trois conseillers fédéraux se sont rendus dans ce pays d'Asie centrale situé entre l'Iran, l'Afghanistan et l'Ouzbékistan.

La Suisse et le Turkménistan entretiennent des relations bilatérales depuis vingt ans. En 1992, la Suisse est entrée au Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) à la tête d'un groupe de sept nations, dont le Turkménistan.

(ats)

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