Fribourg: Accourus à son secours, les agents l’embarquent
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FribourgAccourus à son secours, les agents l’embarquent

Intervenue pour aider une jeune femme, la police a senti une odeur de cannabis. Et l’a interpellée.

par
Xavier Fernandez
L’appartement du couple empestait la marijuana (photo prétexte).

L’appartement du couple empestait la marijuana (photo prétexte).

Getty Images

Ce sont ses cris qui ont alerté tout le quartier. Le 12 mai 2020, l’intervention de la police était demandée pour une jeune femme qui hurlait «à l’aide», à la suite d’une dispute avec son compagnon. Plusieurs témoins attendaient les forces de l’ordre pour leur indiquer le bon appartement. Mais lorsque les policiers sont arrivés, l’homme n’était plus là. En revanche, ils ont remarqué qu’une forte odeur de marijuana se dégageait du logement.

Cette Fribourgeoise, 21 ans à l’époque, a avoué qu’elle fumait de l’herbe quotidiennement et elle a spontanément remis aux agents une boîte contenant 34,8 g de cannabis. Alors qu’elle était auditionnée, son copain est revenu sur place et il s’en est pris verbalement aux policiers. Pour ne pas que la situation s’envenime davantage, la jeune femme a été conduite au poste.

Une enquête a été ouverte et la police a découvert que le couple s’adonnait au trafic de marijuana et de cocaïne. Son rôle à elle consistait principalement à conduire pour effectuer les achats et fournir les clients lorsque monsieur était absent. Finalement, elle a été reconnue coupable d’infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants et condamnée à 4 mois de prison avec sursis. Elle écope aussi de 500 francs d’amende. Le procureur a fait preuve d’une certaine clémence, en retenant, dans son ordonnance, que la jeune femme avait agi «sous l’emprise de son ami». Ce dernier sera jugé séparément.

Parfois, mieux vaut se passer d’avocat

Fin juin, la jeune femme a été ­placée en détention provisoire. ­Stressée, elle a pleuré pendant des heures et des ambulanciers sont intervenus pour la calmer. Pour finir, elle a été entendue, mais elle a ensuite avancé que l’audition n’était pas valable, vu son état et parce qu’elle n’avait pas eu droit à un avocat. En réalité, elle était apte à s’exprimer et un policier lui avait juste conseillé de ne pas prendre d’avocat, puisque cela lui aurait coûté davantage que la peine encourue.

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