Actualisé 29.09.2016 à 19:28

Bâle-Ville

Accro aux prostituées, il arnaque son employeur

Un ancien comptable de Bell a comparu mercredi devant la justice bâloise pour avoir détourné 600'000 francs. Avec cet argent, il s'est offert les services de diverses filles de joie.

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lha/ofu
La justice l'a condamné à 24 mois de prison avec sursis.

La justice l'a condamné à 24 mois de prison avec sursis.

photo: 20 Minuten

Il savait qu'il allait se faire pincer «tôt ou tard», mais cela n'a pas empêché un comptable de 43 ans d'empocher illégalement 600'000 francs. Interrogé mercredi par les juges du tribunal pénal de Bâle-Ville, le quadragénaire a avoué avoir trafiqué des factures entre juillet 2013 et juillet 2015 alors qu'il travaillait au département des finances de l'entreprise Bell.

L'accusé a ensuite dilapidé l'argent en se payant des prostituées, écrivent jeudi nos collègues de «20 Minuten». A cette époque-là, son mariage était déjà en train de prendre l'eau. Ses virées nocturnes dans le quartier rouge bâlois devenaient alors de plus en plus fréquentes.

Facile de tromper le système

Le prévenu a particulièrement apprécié passer du bon temps avec deux Hongroises, une Ukrainienne et une Polonaise. Grâce à l'argent détourné, il a pu leur payer des voyages à l'étranger, des bijoux et des nuits dans des hôtels de luxe. Il a même offert une Range Rover de 60'000 francs à une des Hongroises.

Le comptable a expliqué mercredi à la Cour que c'était devenu une sorte d'addiction. Il a avoué avoir profité du système pour pouvoir mener librement sa double vie. Le quadragénaire a aussi précisé qu'il n'a pas eu de difficultés pour voler son employeur. Les paiements trafiqués inscrits dans le système de la firme ne devaient être validés que par une seule autre personne, qui, selon l'accusé, était facile à tromper. «Comment quelqu'un aurait pu remarquer quelques fausses factures sur les 1000 virements effectués toutes les semaines? Le risque de se faire avoir était quasi insignifiant.» Mais il a finalement été démasqué lorsque les sommes empochées devenaient trop grandes.

Des dettes pour 800'000 francs

Dès le début, le comptable a avoué les faits et n'a cessé de souligner à quel point il regrettait ce qu'il avait fait. Il a été condamné à 24 mois de prison avec sursis dans le cadre d'une procédure accélérée.

Même s'il a pu éviter une peine de prison ferme, sa vie n'est pas moins ruinée. Il se dirige droit vers un divorce et n'a presque plus de contact avec sa fille. Il a aussi perdu sa maison et se retrouve devant une montagne de dettes. Le quadragénaire doit près de 800'000 francs à Bell, qui lui a facturé l'importante révision des comptes effectuée après qu'il a été démasqué. Il doit également verser tous les mois 2550 francs à sa femme et sa fille.

La Hongroise est restée

S'ajoute également le fait que le prévenu n'a actuellement pas de travail. Il avait pourtant retrouvé un emploi auprès de Migros, mais le détaillant l'a viré après avoir appris des journaux la raison pour laquelle il avait été licencié de chez Bell.

Ne lui reste que la Hongroise à qui il avait acheté la voiture. Elle s'est mise à son compte en Suisse et vit désormais chez lui. L'accusé l'aide avec sa comptabilité.

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