Genève: Accueil des migrants: Thônex exige des garanties
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GenèveAccueil des migrants: Thônex exige des garanties

La commune refuse d'abriter 380 réfugiés en l'état. Elle veut savoir la durée de l'installation, et désire que les coûts soient mutualisés.

par
Jérôme Faas
La mairie de Thônex.

La mairie de Thônex.

photo: Kein Anbieter/Google

Thônex «n'entre pas en matière». Pour l'instant, le Conseil administratif refuse d'accueillir 380 migrants sur le territoire communal. Il l'a indiqué mercredi matin via un communiqué de presse, précisant qu'il mettrait les pieds contre le mur «tant que l'Hospice général et l'Etat n'auront pas fourni les garanties demandées».

Coup de gueule

Ce refus tient surtout du coup de gueule. Le maire PDC Philippe Decrey admet sans fard qu'en réalité, «l'Etat fait comme il veut». Il possède en effet la parcelle de Belle-Idée où l'installation des migrants est prévue. Thônex peut cependant faire traîner les choses en longueur, notamment en contestant l'autorisation de construire que l'Hospice s'apprête à déposer. «Nous allons nous opposer, annonce en effet l'élu. Et il ne faut pas se leurrer, diverses associations ont déjà pris des avocats pour faire de même.»

Cinq, sept, dix ans ou plus?

Pour se montrer plus conciliante, la commune pose ses conditions. Elle souhaite savoir sur quelle durée s'étend l'accueil temporaire qu'on lui a vendu. «Nous avons dit à l'Hospice, si c'est 5 ou 7 ans, OK, mais dédommagez-nous si ça dépasse, relate Philippe Decrey. Là, on nous a répondu évasivement, expliquant que ce ne serait peut-être pas 7 ans mais 10 ans. Nous voulons être fixés.»

Surcoûts pas encore évalués

Par ailleurs, Thônex refuse de prendre en charge seule les frais induits par l'installation des réfugiés: principalement la scolarisation, le ramassage des ordures et la sécurité. La commune souhaiterait que les autres municipalités soient mises à contribution. Elle désirerait aussi que le Canton mette la main à la poche. Philippe Decrey indique cependant que pour l'heure, les coûts pour sa commune lui sont inconnus. «Nous n'avons pas encore procédé à leur évaluation.»

«Même pas d'accusé de réception»

Ces questions, l'élu PDC dit les avoir posées au Conseil d'Etat. «Nous n'avons même pas eu d'accusé de réception. Nous subissons de fortes pressions politiques. Avec cette prise de position, nous souhaitons provoquer quelque chose.»

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