GenèveAccueil des sans-abri: accord pour dire qui fait quoi
Communes et Canton veulent définir une fois pour toutes qui assumera l’hébergement d’urgence et les soins aux personnes sans domicile fixe. Un projet de loi sera soumis au Grand Conseil.
- par
- David Ramseyer

L‘abri PC des Pâquis accueille des familles sans domicile fixe.
«C’est la fin du ping-pong de la dignité humaine à Genève», a déclaré le conseiller d’Etat Thierry Apothéloz, chargé du Département de la cohésion sociale, en présentant ce mercredi un projet de loi sur l’aide aux sans-abri. Après des années de bisbilles et de flou, en l’absence de base légale pour définir clairement qui – entre communes et Canton – a la responsabilité de prendre en charge cette population précarisée, les autorités municipales et l’Etat de Genève ont trouvé un accord.
Le projet donne aux communes la compétence exclusive de l’hébergement des sans-abris. Elles devront en assumer le coût. À charge du Canton d’assurer le suivi socio-sanitaire (octroi de certaines aides sociales, consultations et soins ambulatoires, hospitalisations). Celui-ci apportera aussi son appui aux municipalités dans la recherche de locaux ou de terrains pour l’accueil des personnes sans domicile fixe. «L’accord clarifie donc les rôles ainsi que les prérogatives de chacun, s’est réjoui Thierry Apothéloz, chargé du Département de la cohésion sociale. Cela évite de perdre du temps pour déterminer qui doit faire quoi.»
La satisfaction est aussi de mise du côté de l’Association des communes genevoises (ACG), à l’origine du projet de loi. Selon son président, Xavier Magnin, «cette solution est bonne pour tout le monde». Certes, il en coûtera aux municipalités, mais l’Etat devra assumer certains coûts liés aux sans-abri qui bénéficient du soutien de l’Hospice général. Par ailleurs, les communes sans structures d’accueil pour personnes sans domicile fixe cofinanceront les installations ailleurs sur le territoire genevois. Parallèlement à ce projet de loi, l’ACG a décidé de verser cette année un million de francs à la Ville de Genève, qui prend en charge la très grande majorité des sans-abris.