Genève: Accusé d'avoir voulu faire tuer son «rival»
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GenèveAccusé d'avoir voulu faire tuer son «rival»

Le procès d'un homme de 33 ans s'est ouvert mercredi devant le Tribunal correctionnel de Genève. Ce restaurateur d'origine indienne est accusé de tentative d'instigation à meurtre, voire assassinat pour avoir voulu se débarrasser de l'amant de sa femme.

Fin 2007, cet homme marié depuis cinq ans et père de trois enfants se rend compte que son épouse est très proche d'un de ses employés. De sept ans son cadet, ce dernier vient du même village que lui. «Je le considérais comme mon petit frère», a indiqué le prévenu. Suspectant une relation intime, il met une puce sur le téléphone portable de son épouse pour la surveiller.

En janvier 2008, espionnant ainsi sa femme, il surprend une conversation dans laquelle son rival menace de le tuer. La police ne donne pas suite à sa déposition, lui reprochant d'avoir employé un compatriote illégalement, a relevé son avocat Grégoire Rey. Il dépose une autre plainte pénale en février, allant jusqu'à proposer de payer le renvoi de son employé en Inde.

Simulacre d'assassinat

Déstabilisé par ses conflits conjugaux et rongé par la jalousie, le restaurateur sombre dans l'alcool. Il décide alors que son rival doit sortir de sa vie. «Je n'avais pas l'intention de le tuer mais de le taper pour qu'il ait peur, qu'il quitte la Suisse», a-t-il expliqué. A la fin du mois de mars, il en parle à un ami qui le met en contact avec un Albanais.

Le contrat est rapidement conclu. Et le 14 avril, un dénommé «Rio» l'appelle pour confirmer son intention de liquider l'homme qui trouble sa vie. Sur la base de la vidéo de l'assassinat, le prévenu paie les 20'000 francs promis. «C'était facile de trouver quelqu'un, comme dans un film», a-t-il dit, précisant qu'il avait eu peur de ses interlocuteurs et s'était senti pris dans un engrenage.

Or l'assassinat n'a été qu'un simulacre. Rio est un agent de police infiltré. Le restaurateur, qui avait été mis sur écoute début avril, est arrêté le jour même. Il est depuis suivi par un psychologue et a traité sa dépendance à l'alcool. Il regrette. «Ce que j'ai fait est très grave. Je ne peux pas me le pardonner», a-t- il affirmé devant la cour.

Jusqu'à dix ans

En début d'audience, la défense a soulevé des incidents. Elle a contesté la légalité des investigations secrètes et des écoutes téléphoniques mises en place par la police, qualifiant ces mesures de déloyales et dont le seul but était de «noircir le tableau». «Les preuves ainsi obtenues doivent être écartées du dossier», a-t-elle relevé. Le tribunal a conclu au respect du droit.

Autre question préjudicielle, l'absence d'audition de cet Albanais, qui a servi d'intermédiaire au prévenu et d'indicateur à la police. «Il jouit d'une immunité certaine», a souligné Yaël Hayat, qui défend aussi l'accusé. Le tribunal a estimé que toute recherche pour le retrouver serait vouée à l'échec.

Le procès se poursuit jeudi. L'accusé encourt jusqu'à dix ans de prison. Or la défense conteste qu'il y ait eu tentative d'instigation à assassinat. L'amant présumé de son épouse s'est constitué partie civile. (ats)

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