25.09.2020 à 12:00

Quarantaine géante à l’EHLAccusé de légèreté, Vaud cible les jeunes et frappe fort

Alors que les critères de mise en quarantaine venaient d’être allégés, les fêtards, eux, n’échappent pas à un certain tour de vis.

de
Yannick Weber
Dans un contexte festif, le risque est important. (photo d’illustration)

Dans un contexte festif, le risque est important. (photo d’illustration)

Keystone

C’est un chiffre record en Suisse depuis le début de l’épidémie: mercredi soir, le Canton de Vaud a placé 2500 étudiants de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) en quarantaine après plusieurs «fêtes privées» et plus d’une dizaine de cas de Covid avérés. Tracer chaque cas et ses contacts aurait été une tâche herculéenne et une mise en quarantaine «plus ciblée» impossible pour les équipes de traçage. Tous les élèves du niveau bachelor sont concernés, sans distinction de leur participation, ou non, aux fêtes.

Pas tous des fêtards

Plusieurs étudiants sont plongés dans l’incompréhension. «La grande majorité des étudiants n’a en effet pas participé à ces fêtes, et ont eu peu ou pas de contacts avec d’autres membres de l’EHL», confirme Sherif Mamdouh, porte-parole de l’école.

Cette soirée avait été organisée au D! juste avant la nouvelle fermeture des boîtes de nuit.

Cette soirée avait été organisée au D! juste avant la nouvelle fermeture des boîtes de nuit.

L’EHL n’a pas moyen de lever la mesure pour ceux qui pourraient prouver qu’ils ne se sont pas exposés à un risque. «Seul le médecin cantonal peut le faire. Nous encourageons les étudiants à contacter les autorités pour faire le point sur leur situation personnelle», ajoute-t-il. Jeudi, la hotline téléphonique a effectivement été très sollicitée par des étudiants contestant leur assignation à domicile.

L’intimité priorisée

Autre aspect qui suscite l’interrogation, le Canton venait d’alléger ses critères de mise en quarantaine. «En raison du nombre de cas importants, le Canton de Vaud a transitoirement opéré un arbitrage des priorités», disait-il la semaine dernière.

En clair, seules les personnes vivant sous le même toit ou ayant eu des relations intimes avec un cas positif allaient se voir imposer de rester chez elles pendant dix jours. «Le partage d’un repas ou d’une soirée festive dans laquelle une personne était contagieuse ne justifie pas une mise en quarantaine d’office de toutes les personnes du groupe, si aucun autre cas n’apparaît», lisait-on encore dans le communiqué.

Les fêtes dans le viseur

Cet allègement, qui avait valu des critiques aux autorités alors que le canton voyait son nombre de cas flamber, n’en est pas devenu une règle absolue pour autant. En parallèle du cas EHL, plusieurs amis qui avaient passé une soirée dans un bar à Lausanne vendredi de la semaine dernière viennent par exemple d’être placés en quarantaine après la détection d’un cas positif parmi le groupe, alors qu’ils ne vivent pas sous le même toit. Interrogé sur un éventuel rétropédalage vers des critères plus stricts, le Canton dément.

S’exprimant sur le cas de l’EHL, le médecin cantonal vaudois Karim Boubaker estime que «la situation est complètement différente en raison de la population concernée et du contexte festif qui représentent un risque épidémiologique important». Ainsi, malgré les annonces de restrictions de quarantaines aux seuls contacts intimes, les jeunes doivent le comprendre: ils ne seront pas épargnés s’ils côtoient un cas positif dans un «contexte festif». Avec la spectaculaire décision autour de l’EHL, les autorités ont fait passer le message avec la manière.

Quarantaines raccourcies?

Le consensus a émergé dans les cantons romands pour aller vers un raccourcissement à 7 jours des quarantaines. Comme l’a indiqué le ministre de la Santé genevois Mauro Poggia mercredi soir dans l’émission de la RTS «Infrarouge», sur toutes les personnes mises en quarantaine, seuls 7% étaient finalement infectés. Et, sur ces 7%, l’immense majorité a présenté des symptômes dans les 7 jours. Le tout petit pourcentage (0,5%) de personnes dont les symptômes se sont déclarés plus tard permet de dire que le risque est acceptable par rapport aux avantages sociaux et économiques d’un raccourcissement.

Quarantaines contrôlées

Les étudiants de bachelor de l’EHL sont assignés à domicile jusqu’à lundi au moins. D’après un étudiant, isolé dans sa chambre sur le campus, la mesure est bien respectée… et aussi contrôlée par l’école. «Un Securitas passe de temps en temps toquer et vérifier qu’on est bien dans notre chambre», raconte-t-il. Quant à ceux qui ne sont pas en quarantaine, l’école les appelle à la responsabilité civique. Mercredi soir, un rassemblement d’étudiants sur le campus a été constaté. «Des précautions accrues sont vivement conseillées», rappelle toutefois le porte-parole de l’EHL, qui indique que les rassemblements sur le campus sont contrôlés, notamment vis-à-vis de critères de nombre et de respect des distances.

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450 commentaires
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John Doe

26.09.2020 à 13:32

Les autorités mélangent tout, on parle de maladie ou de punitions bonjour votre crédibilité pour les pauvres anxiogènes qui vous suivent depuis des mois. Vous serez tenu responsable s pour tous les dégâts collatéraux qui sont et seront largement supérieurs aux nombres de décés réels dû à la Covid 19, prenez soins de vous 🤑 🤑 🤑 🤑

Berny

26.09.2020 à 12:44

J'habite dans une rue proche de l'école hôtelière. Dans l'immeuble où je viens de nombreux appartements sont loués ou même sous-loué à des étudiant de l'école. La maison d'enfance est entièrement occupée par ces même étudiants. On en peut plus de leur comportements. Ces jeunes ne respectent rien ni personnes. Il n'ont aucun savoir vivre. Il n'y a pas un soir sans qu'il y ait une fête. Des fêtes qui finissent à point d'heure. Si on a le malheur de leurs faire une remarque, ils trouvent très vite une idée pour nous déranger encore un peu plus. Cette quarantaine ne sera malheureusement pas suffisante pour les faire réfléchir. Cette semaine à été bien tranquille, mais dès lundi ils auront des fêtes à rattraper. Tout ceci est déjà oublié pour eux. Le retour à la norme de l'irrespect revient dès lundi. En écrivant ces quelques lignes, les prémisses d'un retour à LEUR norme se fait déjà entendre dans la rue....

Sandrine

25.09.2020 à 15:45

En prenant les transports en commun, on arrive à se rendre compte qui sont ceux qui refusent les consignes. La plupart sont des gens qui ne porte pas une grande intelligence sur leur visage (étant donné qu'ils n'ont pas le masque on le voit bien) et d'autres sont les jeunes au féminin qui ont peur pour leur maquillage