Actualisé 08.11.2019 à 06:14

FribourgAccusé de viol, il jure que c'est elle qui a tout fait

Le Tribunal n'a retenu que la contrainte sexuelle contre un Afghan, qui échappe ainsi à une peine de prison ferme.

von
Christian Humbert
Il est avéré que c'est la victime qui a acheté les préservatifs.

Il est avéré que c'est la victime qui a acheté les préservatifs.

Le siège de la victime présumée d'un viol est resté vide, mercredi, au Tribunal de Fribourg: elle a sauté d'un pont, treize jours après avoir raconté son agression à la police en février 2018.

Pourtant, si l'on en croit le prévenu, c'est la femme de 19 ans qui aurait insisté pour faire l'amour, payant les préservatifs, décidant de la position et du lieu, et réclamant un contact bucco-vaginal que cet Afghan de 29 ans a refusé. En résumé, c'est tout juste si ce n'est pas lui qui a été agressé. Du reste, son avocat, Me Philippe Maridor, a plaidé l'acquittement, affirmant qu'il «n'y avait pas eu violence» et que la victime «pouvait partir, se défendre».

«Je t'ai dit d'arrêter»

La partie civile et la procureure, Yvonne Gendre, se sont de leur côté appuyées sur des SMS accusateurs de la victime: «Tu as commencé. Je t'ai dit d'arrêter. Je t'ai dit non.» Messages auxquels le prévenu a répondu: «Mais je t'aime.»

Le couple s'était revu quelques jours plus tard, en compagnie d'une amie de la jeune femme, et la rencontre avait fini par des coups. Mais, là encore, les versions du prévenu et de l'amie de la victime divergent, l'Afghan affirmant que la jeune femme lui réclamait de l'argent et l'avait frappée.

Il repart libre et ne sera pas expulsé

Alors que la procureure avait requis 30 mois de prison, dont 6 ferme, le Tribunal a infligé 9 mois avec sursis à l'Afghan. Estimant qu'il y avait eu attouchements et fellation non consentis, il l'a condamné pour contrainte sexuelle. Il n'a toutefois pas retenu le viol, considérant que la jeune femme n'avait pas suffisamment manifesté son refus.

Le condamné devra aussi verser 2500 francs pour tort moral à la famille de la victime. Mais il est reparti libre, ne sera pas expulsé et pourra poursuivre son apprentissage. 

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

Enfance difficile et grande détresse

La victime, dont le suicide ne peut pas être directement relié au viol, a eu une enfance très conflictuelle avec sa famille, et notamment avec sa mère. Elle a aussi raté un apprentissage et avait été placée en foyer. «J'ai décidé de partir. Je suis à bout. Je vais rejoindre ma mère», a-t-elle rédigé sur son portable, une minute à peine avant le saut fatal. L'accusation avait affirmé que l'Afghan avait profité de la détresse de la jeune femme, qui pleurait le décès de sa maman.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!