14.10.2020 à 23:56

CanadaAccusé de viol, l’ex-producteur Gilbert Rozon nie lors du procès

Jugé pour viol dans une affaire datant de 1980, Gilbert Rozon a contredit le témoignage de la plaignante lors du procès, mercredi à Montréal.

Le magnat déchu du groupe «Juste pour rire» s’est défendu d’avoir violé la jeune femme en 1980.

Le magnat déchu du groupe «Juste pour rire» s’est défendu d’avoir violé la jeune femme en 1980.

KEYSTONE

L’ex-producteur québécois Gilbert Rozon, ex-juré de l’émission «La France a un incroyable talent», jugé pour viol, a entièrement contredit le témoignage de la plaignante mercredi au deuxième jour de son procès à Montréal.

Le magnat déchu du groupe «Juste pour rire» s’est défendu d’avoir violé la jeune femme en 1980, soutenant au contraire que c’était elle qui l’avait «surpris» en pleine nuit en se retrouvant «à califourchon» sur lui, alors qu’il était parti se coucher. «J’ai accepté mon sort», a-t-il dit, selon le récit des médias locaux.

Gilbert Rozon a raconté que la victime présumée et lui, qui se connaissaient, s’étaient retrouvés dans la maison d’une amie, qui était absente, après une soirée en discothèque. «Je la trouvais mignonne. Je pense qu’elle me trouvait mignon aussi». Après avoir commencé à s’embrasser et à se caresser autour d’un feu, il a senti que la plaignante, alors âgée de 20 ans, ne voulait pas aller plus loin. Il est donc allé se coucher dans une chambre où cette dernière l’a rejoint dans la nuit, selon sa version des faits.

Pas de jury pour ce procès

«Il s’est comme jeté sur moi», avait au contraire témoigné mardi la plaignante, qui n’a pas été identifiée. Elle a expliqué que l’accusé avait tenté de l’embrasser avant de la violer quelques heures plus tard, alors qu’elle dormait dans une autre chambre.

Mercredi, les avocats de Gilbert Rozon ont attaqué ce témoignage, reprochant à la plaignante d’avoir changé sa version des faits au fil des ans. Ils lui ont rappelé sa déclaration à la police lorsqu’elle a porté plainte en 2017, dans laquelle elle avait dit qu’elle n’était pas certaine d’avoir été sexuellement agressée, même si elle n’avait pas consenti à ce rapport, car elle avait simplement lâché prise dans l’espoir que cela finisse au plus vite.

«J’ai honte de m’être laissée faire. (…) Mais ce n’est pas moi qui dois avoir honte», avait-elle dit mardi. Une seule témoin, une ancienne collègue de travail de la plaignante, a été appelée à la barre par le ministère public. Le procès se déroule jusqu’à vendredi devant une juge seule, sans jury.

(AFP/NXP)

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