Justice vaudoise - Accusé du pire avec ses enfants, il a droit à la clémence
Publié

Justice vaudoiseAccusé du pire avec ses enfants, il a droit à la clémence

Si le Tribunal correctionnel de Vevey a condamné vendredi un père pour avoir manqué à son devoir d’éducation, il n’a pas cru aux contraintes sexuelles.

par
Frédéric Nejad Toulami

Le verdict du procès du père accusé notamment de pornographie et de contraintes sexuelles avec ses jeunes fils, de 2014 à 2015, est tombé vendredi après-midi. La Cour n’a pu que constater que les disputes violentes des parents, l’alcoolisation extrême, le fusil de collection du père posé contre le mur de sa chambre et l’accès à des images pornographiques ont «contribué à créer une insécurité délétère» pour les enfants. Les juges ont estimé que le prévenu n’avait pris «aucune action efficace pour protéger ses fils, alors âgés de 8 et 6 ans.

L’influence néfaste de la mère

Sa passivité l’a conduit à des violations réitérées du devoir d’assistance et d’éducation qui ont participé à une atteinte de la santé des enfants, et l’expertise psy n’a pas à être remise en cause, selon la présidente du tribunal. La Cour doute toutefois que tous les propos des deux garçons collent à la réalité. Ils font suite aux accusations de la mère après une violente dispute avec son compagnon en 2015. «On ne peut s’empêcher de penser qu’elle les a influencés» a déclaré la présidente.

Un doute «irréductible»

Le Tribunal ne croit donc pas que le prévenu avait parfois réveillé et bâillonné ses enfants pour mater des films pornos la nuit en se masturbant devant eux. «Rien ne vient étayer que l’accusé ait pu éprouver un quelconque plaisir à agir ainsi avec ses enfants pour qui il a de réels sentiments» a conclu la Cour. Son «doute irréductible» l’a amené à libérer le père de ces accusations de contrainte, actes d’ordre sexuel et pornographie.

Peine pécuniaire avec sursis

Il a failli à ses responsabilités de père, mais les juges ont aussi tenu compte de son parcours de vie chaotique et de l’attitude gravissime de son ex-compagne qui détenait seule l’autorité parentale. Le prévenu écope d’une peine de 120 jours-amende (à 50 fr. par jour), assortie d’un sursis durant deux ans. Et il supportera le quart des frais de procédure, vu sa situation financière.

Ton opinion