Actualisé 06.11.2017 à 06:26

Vaud

Accusée de l'assassinat de sa mère, la fille nie en bloc

Une septuagénaire a été retrouvée morte en avril. Son mari est passé aux aveux et a mis en cause sa fille, qui dément.

de
Christian Humbert
La villa où le crime se serait produit appartenait à la victime.

La villa où le crime se serait produit appartenait à la victime.

chu

«Je n'ai pas assassiné ma mère»: voilà ce que répète D. depuis son arrestation en juin. Elle est toujours détenue, sous la lourde prévention d'assassinat. C'est aussi le cas de son père, âgé de 80 ans. Il aurait frappé à mort son épouse de 70 ans, avec laquelle il a avait des rapports très conflictuels.

Les faits se seraient déroulés mi-décembre 2016 à leur domicile de la Riviera. Trois reconstitutions n'ont rien changé à la version de D., dont la demande de libération, portée jusqu'au Tribunal fédéral, a été refusée cet été. «D. n'est pour rien dans ce décès, affirme son avocat. Elle n'a été avisée qu'après. Elle a vu sa mère morte. Que pouvait-elle faire? Dénoncer son père?» Selon Me César Montalto, la fille, sous le choc, voulait éviter la prison à son père et s'est trouvée prise dans un engrenage.

Le cadavre serait resté plusieurs jours dans la villa, probablement dans le container à eau qui a ensuite été abandonné près du cimetière des Monts-­de-Corsier. C'est là que le corps a été découvert, quatre mois plus tard. Père et fille avaient tenté de faire croire à une disparition, parquant le véhicule de la victime près du Rhône pour renforcer cette thèse.

Le père a fini par avouer et a mis en cause sa fille. «Mais il n'a jamais dit qu'elle était présente. C'est un trou noir en ce qui concerne le crime lui-même. L'objet éventuellement utilisé n'a pas été retrouvé», complète Me Montalto. Il s'étonne de n'avoir pu consulter aucun rapport d'autopsie, six mois après la découverte du corps.

«Le dossier est vide», selon l'avocat

«Il n'y a aucun mobile. L'argent n'est pas en cause: ma cliente venait de retrouver du travail. Il n'y a que des soupçons, pas de preuves. Le dossier est vide», conclut l'avocat de D. La détention de cette femme est d'autant plus difficile à supporter qu'elle a été frappée par une codétenue. «Elle en porte encore les marques. Elle a déposé plainte», commente Me Montalto. Le mari de D. est quant à lui prévenu d'entrave à l'action pénale mais il n'a pas été placé en détention.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!