Actualisé 21.08.2008 à 15:55

AéronautiqueAccusée de négligences, Spanair se défend

Les dirigeants de Spanair ont assuré jeudi que la compagnie aérienne espagnole était sûre et qu'elle respectait toutes les règles en vigueur, au lendemain de l'accident d'un de ses avions à Madrid.

La tragédie a fait au moins 153 morts.

«Tout ce que nous avons fait avec cet avion, nous l'avons fait en respectant les règles et les normes», a déclaré le directeur général de Spanair, Marcus Hedblom lors d'une conférence de presse à Madrid. «Chez Spanair, nous avons une culture de la sécurité», a renchéri le sous-directeur de la compagnie Javier Mendoza.

La ministre espagnole des infrastructures Magdalena Alvarez a souligné jeudi que les services techniques de Spanair, «assumant leur responsabilité», avaient autorisé le départ de l'avion après que le pilote eut avorté un premier décollage.

«Négligences criminelles»

Spanair a précisé que le pilote avait signalé un problème sur une prise d'air en dessous du cockpit de pilotage, problème qui a été réglé avant que l'avion soit autorisé à repartir vers Las Palmas, aux Canaries.

Interrogée sur une éventuelle négligence de Spanair dans l'entretien de ses avions, la ministre a déclaré: «Je n'oserais pas dire cela».

La presse espagnole faisait état des difficultés de fonctionnement de la compagnie. Le grand quotidien madrilène «El Mundo» n'hésitait pas à titrer jeudi en Une: «La crise à Spanair débouche sur une tragédie avec 153 morts», évoquant même dans un éditorial de possibles «négligences criminelles».

Pertes colossales

La compagnie espagnole, filiale depuis 2003 du transporteur scandinave SAS qui a vainement essayé de la vendre en début d'année, avait annoncé en juillet le départ d'environ un quart de ses effectifs, après avoir essuyé plus de 50 millions d'euros de pertes au premier semestre.

Selon le quotidien «El Pais», les pilotes de Spanair avaient publié mercredi peu avant l'accident un communiqué critiquant le «chaos organisationnel» et les «graves carences» de fonctionnement de la compagnie, menaçant de faire grève.

Décollage avorté

Les boîtes noires de l'avion, apparemment exploitables, ont été retrouvées et ont commencé à être analysées jeudi. L'enquête doit notamment déterminer pourquoi l'avion a brutalement interrompu la procédure de décollage.

L'appareil aurait dû décoller à 13h00. Mais après s'être mis en route vers la piste de décollage, il était revenu au terminal en raison d'un problème technique. A sa deuxième tentative, il a quitté la piste et s'est disloqué avant de prendre feu. Les rescapés ont été éjectés de l'appareil sous la violence de l'impact.

Magdalena Alvarez a précisé que les enquêteurs se penchaient sur une possible erreur dans la procédure de décollage. Des médias espagnols indiquent pour leur part que le réacteur gauche aurait pris feu.

Cinq minutes de silence

Le pays était sous le choc jeudi. A la mi-journée, plusieurs centaines de personnes ont observé cinq minutes de silence dans le centre-ville de Madrid, à Barcelone, devant le siège de Spanair à Palma de Majorque, ainsi qu'au pavillon des Canaries à l'Exposition de Saragosse (nord).

Les corps retirés de l'épave de l'avion ont été rassemblés dans une morgue improvisée à l'intérieur d'un centre de conférence de l'aéroport international de Madrid. Des médecins légistes et des experts ont été dépêchés sur place de tout le pays afin d'identifier les corps calcinés.

Trois Français et une Bulgare figurent parmi les victimes. Quatre Allemands enregistrés sur l'avion sont très probablement morts, a de son côté affirmé le ministère allemand des affaires étrangères.

Interrogé sur d'éventuelles victimes suisses, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué jeudi qu'il n'avait pour l'heure aucune indication dans ce sens.

La vidéo:

(ats)

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