Bâle-Campagne: Accusée d’être une néonazie en pleine fête de la maturité

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Bâle-CampagneAccusée d’être une néonazie en pleine fête de la maturité

Une gymnasienne âgée de 21 ans de Bâle-Campagne a été accusée d’être proche du groupe Junge Tat. Pour un expert en extrémisme, ce genre de dénonciation n’apporte rien.

Le centre culturel et sportif de Pratteln (BL) a été tagué.

Le centre culturel et sportif de Pratteln (BL) a été tagué.

Google Maps/Capture d’écran

La semaine dernière, une gymnasienne de 21 ans de Bâle-Campagne a été désignée comme néonazie lors de la fête de la maturité de son gymnase. Des inconnues ont tagué son nom sur la façade du centre culturel et sportif de Pratteln (BL) où se déroulait la cérémonie au cours de laquelle elle a reçu son certificat de maturité. Des activistes d’extrême gauche ont aussi publié sur internet des photos et des coordonnées privées de la jeune femme. Ils estiment qu’elle serait l’une des très rares femmes dans l’entourage du Junge Tat (voir encadré).

Alertée, la police de Bâle-Campagne avait prévenu l’école. Par précaution, un service de sécurité avait été mis en place pour la cérémonie qui s’est finalement déroulée sans incident, explique Fabienne Romanens, porte-parole de la Direction de l’éducation et de la culture de Bâle-Campagne. Une plainte pour dommages à la propriété a été déposée à la suite des tags.

Le Junge Tat

Le Junge Tat est un nouveau groupe néonazi suisse qui a connu une croissance rapide ces dernières années. Sur Telegram, près de 6000 personnes sont abonnées au canal de ce groupe d’extrême droite. Ses membres ont été vus à plusieurs reprises dans des manifestations contre les mesures de lutte contre le coronavirus et notamment à Berne en janvier dernier, où ils avaient pris la tête du cortège.

Des groupes antifascistes prennent régulièrement pour cible les membres du Junge Tat en dénonçant les leaders du mouvement sur des affiches en ligne ou en taguant des bâtiments.

Pour Samuel Althof, expert en extrémisme de droite, de telles mises au pilori sont «hautement problématiques et ne mènent surtout pas au but en termes de prévention». Il dirige depuis des décennies un service spécialisé dans l’extrémisme et la prévention de la violence et conseille et accompagne les personnes qui quittent le milieu et leurs familles. «Dénoncer ne sert à rien, c’est même presque fasciste. Cela n’a aucun effet sur les activités du milieu», explique-t-il.

À ses yeux, le cas de Bâle-Campagne est particulièrement problématique car la jeune femme n’a guère d’activités programmatiques dans le milieu. «De tels outings peuvent déclencher des histoires très difficiles dans les familles des personnes concernées», précise-t-il.

(lha/aze)

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