Neuchâtel - Accusés de séquestration, ils sont sauvés par leur bienveillance  
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NeuchâtelAccusés de séquestration, ils sont sauvés par leur bienveillance  

Reconnus coupables de tentative d’enlèvement et de séquestration après avoir voulu forcer une femme perturbée à monter en voiture, trois hommes avaient fait opposition. Ils ont été acquittés par le Tribunal de Neuchâtel.

par
Marc Fragnière
Image d’illustration – Le Tribunal de Neuchâtel dans lequel s’est déroulée l’audience.

Image d’illustration – Le Tribunal de Neuchâtel dans lequel s’est déroulée l’audience.

LMS/Maxime Schmid

En voulant aider un compatriote à contenir sa femme dépressive en septembre 2021 à Neuchâtel, trois Érythréens avaient été jugés par ordonnances pénales et reconnus coupables de tentative d’enlèvement et de séquestration. Ils avaient fait opposition du jugement et ont obtenu gain de cause. Le doute profitant aux accusés, la juge Joëlle Berthoud Schär les a acquittés, non sans les sermonner. Lors de leurs auditions devant le Tribunal, les trois hommes avaient plaidé l’acquittement, arguant qu’ils avaient essayé de venir en aide à leur ami et à son épouse en état de détresse psychologique. Le mari, cité comme témoin, avait voulu «protéger sa femme contre elle-même.» «Elle avait eu le même type de crise, quelque temps plus tôt, à la Chaux-de-Fonds. Elle avait couru au milieu des voitures, se mettant particulièrement en danger», a-t-il mis en lumière pour expliquer son geste et celui des prévenus.

En septembre 2021, Kidane* avait voulu emmener son épouse Nurah* chez Solomon* au centre-ville de Neuchâtel. Pour ce faire, le couple avait pris place dans la voiture conduite par Osman*. Au programme de cette fin de journée: un petit stop dans l’appartement de Solomon* où Abraha* était aussi présent. Une fois la délégation réunie, le groupe devait manger avant d’aller à l’église, pour y prier pour Nurah. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.

Témoignages peu vraisemblables en cause

À l’arrivée devant l’immeuble de Solomon, Nurah était sortie de la voiture d’Osman. Agitée, elle avait refusé de suivre son mari et tenté de prendre un bus. Kidane a essayé de la raisonner. Seul, selon ses dires, ceux de son épouse et de ses compatriotes. Avec l’aide de deux autres hommes, présents durant l’intégralité de l’action, selon des témoins, qui ont appelé la police.

«On sait que ce n’est pas vrai que les trois mêmes étaient présents tout au long des faits, puisque Solomon était monté chercher Abraha (ndlr: pour qu’il fasse office de traducteur auprès de la police et que ce même Solomon n’était pas redescendu). Dès lors, je ne peux pas me convaincre que les choses se sont passées telles qu’elles ont été rapportées au dossier. Le doute profite aux accusés», a expliqué la juge. La magistrate a toutefois sermonné les prévenus: «Il faut quand même que vous compreniez qu’il n’est pas admissible de vouloir contraindre quelqu’un à monter en voiture contre son gré, même si cette personne ne va pas bien. Il y a d’autres moyens de lui prêter assistance».

Le dossier de Kidane étant plus touffu, ce dernier avait été jugé à part préalablement et n’avait pas fait opposition à sa condamnation concernant les faits de tentative d’enlèvement et de séquestration.

Prénoms d’emprunt*


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