Actualisé 12.06.2012 à 17:23

Yverdon (VD)Accusés, ils font le procès de la police

Prévenus de violation grave des règles de la circulation pour avoir pris part à un rodéo, quatre jeunes nient toute culpabilité. Selon eux, les agents les auraient menacés pour obtenir leurs aveux.

de
Caroline Gebhard

Agés de 23 à 35 ans, les prévenus ont comparu mardi devant le Tribunal de police d'Yverdon. Selon l'acte d'accusation, tous quatre se seraient livrés à une course-poursuite le 26 décembre 2009 entre Bavois et Villars-Sainte-Croix, circulant à 170 km/h. Un véhicule qui se trouvait sur l'A1 aurait été surpris par leurs manoeuvres et forcé de se déporter sur la bande d'arrêt d'urgence afin de les éviter.

«Je requiers l'annulation de tous les actes d'instruction depuis le moment où mon client a été sujet à des contraintes dans le cadre de son audition par la police», a exigé l'avocat de l'un des prévenus d'entrée de jeu. De fait, les accusés, qui réfutent avoir pris part à tout rodéo, ont assuré avoir été mis sous pression par les agents qui les ont auditionnés. Selon eux, la police leur aurait carrément dicté les réponses attendues.

«Ils m'ont traitée de menteuse»

Si les versions des prévenus et de trois de leurs passagers divergent passablement sur la façon dont ils auraient circulé ce soir-là, tous s'accordent sur un point: les agents de police auraient abusé de leur autorité pour les faire parler. «Ils ont été malhonnêtes avec moi. Ils m'ont traitée de menteuse et m'ont dit que ça n'allait pas se passer comme ça, a affirmé l'amie de l'un des conducteurs fautifs. Ils ont tapé sur la table et m'ont menacée de prison.»

«Ne faites pas un faux procès à la police!»

Devant l'insistance des accusés et des témoins à revenir sur leurs déclarations au soir de l'infraction présumée, le président de la Cour a fini par perdre patience. «Je ne trouve pas extraordinaire que la police vous confronte à d'autres versions que la vôtre. C'est son travail!», a-t-il asséné à l'un des prévenus qui se plaignait qu'on lui ait signifié que ses déclarations ne concordaient pas avec celles de témoins de la scène. A un autre, qui déplorait que son amie ait été placée dans une cellule durant quelques heures, il a lancé: «Vous auriez voulu qu'elle soit dans un salon avec un canapé? Quel est le problème? Ne cherchez pas à faire un faux procès à la police!»

Quant au policier chargé du rapport final, il a assuré qu'il n'y avait eu ni contraintes ni menaces. «On a pu poser trois fois la même question car la réponse nous apparaissait fausse au vu des autres éléments dont on disposait: chacun est libre de ressentir cette insistance comme une pression.»

Trois des trois accusés risquent des jours-amende avec sursis ainsi qu'une amende pécuniaire. Le quatrième pourrait voir la révocation de son sursis et écoper de 100 jours amende à 40 francs ferme. Verdict ultérieurement.

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