Publié

Guide auto Acheter une voiture à l’étranger en vaut-il la peine?

Les bonnes occasions sont aujourd’hui plutôt rares. Manuel se demande si une importation parallèle ou directe pourrait être une solution.

par
Markus Aegerter
14.1.2021

Question de Manuel à l’équipe d’experts de l’UPSA:

J’ai besoin d’une nouvelle voiture assez rapidement. Mais il est difficile de trouver de bonnes occasions actuellement. Je lis régulièrement que l’importation parallèle pourrait être une solution intéressante, car ces véhicules sont souvent bien meilleur marché que ceux qui sont proposés via les canaux officiels.

Réponse de Markus Aegerter de l’UPSA:

Cher Manuel,

Si les bonnes occasions rencontrent aujourd’hui beaucoup de succès, c’est notamment à cause de la pandémie de coronavirus. D’un côté, de nombreux constructeurs automobiles ont interrompu leur production de véhicules neufs pendant des semaines au début de l’année passée et de l’autre, le trafic individuel motorisé a connu un nouvel essor. Nombreux sont les usagers qui se sentent tout simplement plus en sécurité dans leur voiture que dans les transports publics.

Les importations parallèles ou directes ont quant à elles vécu un véritable boom pendant la crise de l’euro, il y a exactement six ans. Lorsque la Banque Nationale Suisse (BNS) a décidé, le 15 janvier 2015, d’abandonner le taux plancher du franc suisse face à l’euro, la monnaie européenne a chuté de 18%, passant de CHF 1,20 à CHF 1,00 en quelques heures. Les importations directes de l’UE étaient par conséquent très attrayantes. Depuis, la branche s’est adaptée à ce cours bas de l’euro, les importateurs ont modifié leurs prix et les importations parallèles ont ainsi perdu en attractivité (hormis pour certains modèles «exotiques» d’outre-mer qui ne sont pas du tout proposés ici).

Malgré cela, on trouve aujourd’hui l’un ou l’autre véhicule directement importé de l’UE qui semble, au premier abord, être une bonne occasion. Mais il vaut la peine de se pencher un peu plus sérieusement sur ces offres. Même avec un nom identique, les modèles proposés en importation parallèle à un prix sensiblement plus bas ne sont en effet pas forcément identiques aux modèles proposés par les concessionnaires officiels de la marque. Il s’agit en général de modèles d’un autre pays faussement ordonnés. Ils se différencient parfois clairement dans les équipements, la motorisation ou dans certains détails comme les cartes du système de navigation.

Il s’agit en général de modèles d’un autre pays faussement ordonnés.

Markus Aegerter de l’UPSA

Il existe ainsi des marques qui proposent des chauffages plus puissants sur les marchés des pays du nord et des systèmes de climatisation plus puissants pour les pays du sud. Il arrive aussi que des batteries ou des alternateurs soient intégrés aux modèles en fonction de la région. La garantie du constructeur est également un point important à inspecter. Dans l’UE, il se peut en effet qu’un véhicule ait déjà été immatriculé une fois par le distributeur local, par exemple pour encaisser une prime de l’État ou de l’importateur local. Si par la suite il est à nouveau désimmatriculé puis exporté, il sera alors considéré comme une voiture neuve en Suisse. Sauf qu’il y a un hic: la garantie du constructeur commence à courir avec la première immatriculation dans l’UE. Le délai jusqu’à l’exportation, et finalement la vente en Suisse, ne jouent aucun rôle!

La garantie du constructeur commence à courir avec la première immatriculation dans l’UE.

Markus Aegerter de l’UPSA

Et enfin, il est important de prendre en compte les frais supplémentaires: il est vrai qu’un acheteur privé se verra rembourser un montant TVA de 19% à la douane allemande, mais devra ensuite s’acquitter du côté suisse d’une TVA de 7,7% et d’un impôt sur les véhicules de 4%. Sans oublier qu’un véritable coup de massue menace encore l’importateur privé: le renforcement des sanctions sur le CO2 peut entraîner des surcoûts exorbitants dépassant la dizaine de milliers de francs. L’Office fédéral de l’énergie met à disposition un outil de calcul pour les importateurs privés. Vous pouvez calculer ici le montant des sanctions appliquées à la voiture que vous souhaitez.

Conclusion: je ne voudrais pas vous déconseiller absolument les importations parallèles ou directes mais j’achèterais plutôt mon véhicule auprès d’un concessionnaire officiel afin d’éviter les mauvaises surprises.

Bonne route!

Envoyez simplement vos questions par e-mail à l’adresse autoratgeber@20minuten.ch. Les questions d’actualité les plus intéressantes, ainsi que leurs réponses, seront publiées chaque semaine sous le prénom de l’auteur dans la rubrique Lifestyle de 20 minutes.

L’UPSA est l’association des garagistes suisses. Quelque 4000 entreprises comptant 39’000 collaborateurs au total (dont 9000 jeunes en formation initiale et continue) veillent à ce que nous puissions circuler de manière fiable, sûre et écoefficiente. L’équipe d’experts qui répond à vos questions est composée de: Markus Aegerter (Commerce et Prestations), Olivier Maeder (Formation), Markus Peter (Technique et Environnement) et la juriste de l’UPSA, Olivia Solari (Droit).

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!