Vevey (VD): Acquittement demandé dans un procès pour viol
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Vevey (VD)Acquittement demandé dans un procès pour viol

Trop de zones d'ombre et de doutes ont incité le procureur à abandonner l'accusation contre le prévenu.

par
Christian Humbert
Selon la plaignante, elle est tombée enceinte de son agresseur.

Selon la plaignante, elle est tombée enceinte de son agresseur.

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Un avortement en octobre 2014: c'est la seule certitude dans le dossier nébuleux jugé lundi au Tribunal de Vevey, où plaignante et prévenu sont d'ex-collègues. L'acte médical serait le résultat d'un viol présumé.

L'affaire aurait été un peu plus simple si une plainte avait été déposée juste après l'agression et si des traces ADN avaient pu être relevées, permettant de déterminer si l'homme marié, alors âgé de 38 ans, devait effectivement être mis en cause.

Mais il n'en a rien été et la jeune femme de 24 ans n'a réagi qu'un an plus tard: flanquée de son frère et d'un ami, elle a réclamé 10'000 francs de participation aux frais médicaux à Yvan*. Non seulement il n'a pas payé, mais il a, lui, déposé une plainte, retirée depuis. C'est au cours de l'enquête contre la femme et ses proches que le viol a été évoqué.

Traces de sperme sur ses sous-vêtements

Un procureur a d'abord estimé qu'il lui était impossible, tant de mois après, de démontrer les faits. D'autant que la victime a accepté plusieurs rendez-vous avec Yvan: «Pour lui dire de cesser de m'importuner», affirme-t-elle. C'est lors d'une ultime sortie, arrosée, qu'elle se serait réveillée au volant de sa voiture, tout habillée, mais avec des traces de sperme sur ses sous-vêtements.

Yvan l'a répété à ses juges: «Je suis sorti avec elle en mars, avril et mai, jamais en septembre. Je ne l'ai pas violée. Nous avons juste échangé des bises. Je n'ai jamais dit que j'allais quitter ma femme pour elle. Je n'ai jamais insisté.»

Les doutes du procureur

La jeune femme, inaudible et stressée, a dit ne guère se souvenir. Lors de l'audience, un paravent séparait les deux ex-collègues. «J'ai peur de lui», a-t-elle assuré. Elle a toutefois reconnu avoir accepté à plusieurs reprises de monter dans la voiture d'Yvan, des sorties dont elle n'a parlé à personne.

Ces zones d'ombre et le manque «de preuves matérielles» ont incité le procureur Hervé Nicod à abandonner l'accusation, pas certain que le prévenu soit innocent ou coupable. «J'ai des doutes. Vous devez l'acquitter», a dit le magistrat.

La défense a réclamé 6500 francs de dommages et intérêts. Le jugement sera rendu mardi.

* Prénom d'emprunt

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