Procès Lavizzari: Acquittement demandé pour les trois accusés
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Procès LavizzariAcquittement demandé pour les trois accusés

l'acquittement a été plaidé pour le promoteur Carlo Lavizzari, et les ex-cadres de la BCGE, Marc Fues et Dominique Ducret.

Dominique Warluzel (à droite), avocat et ami de longue date de Carlo Lavizzari, a dénoncé «l'extrême cruauté» de l'arrestation et de la détention de son client.

Dominique Warluzel (à droite), avocat et ami de longue date de Carlo Lavizzari, a dénoncé «l'extrême cruauté» de l'arrestation et de la détention de son client.

Les défenseurs du promoteur Carlo Lavizzari et de l'ex-directeur général de la Banque cantonale de Genève (BCGE) Marc Fues ont plaidé jeudi l'acquittement, tout comme les avocats de Dominique Ducret, l'ex-président de l'établissement. Le verdict est attendu d'ici une semaine.

Dominique Warluzel, avocat et ami de longue date de Carlo Lavizzari, a dénoncé «l'extrême cruauté» de l'arrestation et de la détention de son client. «Quand on prend la responsabilité de déclencher cela, il faut être sûr de la motorisation de l'accusation», a asséné l'avocat.

Mais selon lui, cette accusation n'a pas suivi malgré les moyens déployés. «On ne peut pas matérialiser ce qui n'est pas: un avantage qui n'a pas été donné, un cadeau qui n'a pas été reçu», a relevé Me Warluzel. Des crédits avantageux accordés au promoteur par la BCGE pour services rendus sont au coeur de ce procès.

Contexte électoraliste

Il explique cet acharnement du pouvoir judiciaire notamment par le contexte électoraliste de l'époque. La gauche qui briguait le poste de procureur général devait faire la démonstration qu'il était possible de décapiter les puissants. Le socialiste Bernard Bertossa était alors à la tête du ministère public.

Il a balayé l'accusation de complicité de gestion déloyale: «ces hommes n'avaient rien d'autre à coeur que de sauvegarder la banque», a souligné Dominique Warluzel. Il a aussi écarté l'escroquerie qui concernait des bordereaux AVS surévalués que Carlo Lavizzari a reconnu avoir soumis à la banque sous le coup de sa «mauvaise humeur colérique».

Selon l'avocat, la banque ne s'était pas engagée à payer, mais à financer ces charges pour le promoteur immobilier en ouvrant une ligne de crédit. De plus, Carlo Lavizzari a remboursé le trop perçu. Dominique Warluzel a donc demandé l'acquittement de toutes les charges pour que son client retrouve sa dignité volée. Des porpos qui ont ému Carlo Lavizzari aux larmes.

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Christian Lüscher, l'avocat de Marc Fues, a aussi demandé l'acquittement de son client. Il a expliqué avoir cherché dans le dossier des preuves du «pacte scélérat» soi-disant conclu entre son client et le «Florentin» Carlo Lavizzari. Mais il n'a trouvé aucun support documentaire pour étayer ces accusations.

Il a ensuite cherché le dommage subi par la banque mais s'est heurté au refus d'une expertise sur ce sujet. Impossible donc, selon lui, de chiffrer ce soi-disant dommage. «Si ce dossier est resté en sommeil aussi longtemps (ndlr: douze ans de procédure), c'est qu'on ne peut pas instruire des faits qui ne se sont jamais produits», a affirmé Me Lüscher.

Pas de signature

Les comptes des prévenus ont été fouillés, mais à nouveau, rien n'a été découvert, poursuit l'avocat. Le dossier de la Rente immobilière (RISA) a par ailleurs été soumis 128 fois au comité de banque, ajoute Me Lüscher. On ne peut donc pas accuser Marc Fues d'avoir voulu le cacher sous le tapis, estime l'avocat. Il précise que Marc Fues n'a pas signé le contrat qui lui ouvrait un crédit en blanc de 10 millions.

Les avocats de Dominique Ducret avaient également plaidé l'acquittement. A la surprise générale, le procureur général avait lui aussi demandé l'acquittement de l'ex-conseiller national. Il a en revanche requis une peine de prison avec sursis de douze mois à l'encontre de Marc Fues et Carlo Lavizzari pour gestion déloyale aggravée.

(ats)

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