Actualisé 11.05.2019 à 20:03

FranceActe 26 des gilets jaunes: l'essoufflement continue

Le traditionnel samedi de mobilisation des gilets jaunes n'a plus le vent en poupe. Lyon et Nantes n'arrivent pas à mobiliser.

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Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)

Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)

AFP
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)

Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)

Keystone
Des grenades ont été lancées dans le cortège de la Marche pour le climat à Paris. (21 septembre 2019)

Des grenades ont été lancées dans le cortège de la Marche pour le climat à Paris. (21 septembre 2019)

AFP

Après bientôt six mois de mobilisation, le mouvement des «gilets jaunes» semble s'essouffler. L'acte 26 a peiné à mobiliser, même à Lyon ou Nantes censés être les épicentres nationaux du jour.

Selon le ministère de l'Intérieur, ils étaient 18'600 personnes en France, dont 1200 à Paris, soit la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement le 17 novembre. Un décompte contesté par les «gilets jaunes» qui ont comptabilisé environ 37'500 manifestants.

Cet essoufflement du mouvement est depuis longtemps espéré par les autorités, tant la crise des «gilets jaunes» est la pire essuyée par Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir il y a deux ans et a coïncidé avec une baisse de sa popularité. Sa cote est cependant remontée à 32%, selon le dernier sondage en date, paru vendredi, à un peu plus d'un mois des élections européennes du 26 mai.

«On est là»

«On est là, on est là», assuraient cependant plusieurs centaines de «gilets» qui défilaient à Paris. L'accès aux Champs-Élysées était une nouvelle fois fermé, dans la crainte d'une répétition des violences qui émaillent régulièrement ces cortèges.

A Lyon (centre-est) ou Nantes (ouest), où les «gilets» avaient annoncé des manifestations «nationales», les cortèges ont réuni moins de 2000 personnes chaque fois selon l'AFP et des sources sécuritaires. L'ambiance s'est rapidement tendue.

A Nantes, une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a été la cible de jets de projectiles par des manifestants, conduisant à une intervention des forces de l'ordre et des tirs de LBD. Un journaliste reporter d'images (JRI) de la chaîne d'information CNews a dit avoir été touché par un tir de LBD au niveau du bas ventre, assurant toutefois aller «bien».

A Lyon, la gendarmerie mobile et les CRS, qui encadraient de très près la tête du cortège, étaient l'objet de jets de bouteilles, pierres ou pétards. Ils ripostaient par de nombreux tirs de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Lassitude»

«Tant en nombre qu'en motivation, ça n'a rien à voir avec les manifs du début, ça a marché un temps mais il y a de la lassitude. Aussi, beaucoup de gens ont peur des violences policières», reconnaît Mo, 32 ans et militant La France Insoumise (gauche radicale).

«Je commence à penser que ça ne sert à rien», soupire à Paris Christine Sawicki, 51 ans, comptable. Elle estime insuffisantes les récentes mesures en faveur du pouvoir d'achat du président Emmanuel Macron, faites à la suite du «grand débat national» de deux mois destiné à écouter la fronde populaire.

D'autres «gilets» ne voulaient pas croire à un déclin. «Ca va, ça vient, ça dépend des jours», assure Laurence, 57 ans, à Paris. Appelant à «un vote anti-Macron» aux européennes, sans plus de précision, Jérôme Rodrigues, figure du mouvement qui manifestait à Lyon, promet que, si le président «ne veut pas nous écouter, on continuera jusqu'à ce qu'il nous entende, quitte à lui foutre en l'air son quinquennat».

Pour Anaïs, auxiliaire de puériculture âgée de 26 ans et co-organisatrice de la manifestation de Douai (nord), la mobilisation va «stagner» d'ici les élections européennes, prévues le 26 mai en France. «On est un peu en attente», estime-t-elle, même si à titre personnel elle «ne va pas lâcher». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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