Justice – Egérie de la gauche Zurichoise condamnée à la prison
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JusticeEgérie de la gauche Zurichoise condamnée à la prison

Quatorze mois de prison pour Andrea Stauffacher, 71 ans, soupçonnée d’avoir tiré des feux d’artifice contre le consulat de Turquie à Zurich.

De l’ADN de l’activiste a été retrouvé sur les tiges de lancement des fusées.

De l’ADN de l’activiste a été retrouvé sur les tiges de lancement des fusées.

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Le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone (TI) a condamné Andrea Stauffacher, une communiste zurichoise de 71 ans à 14 mois de prison. Selon le jugement, elle s’est rendue coupable de complicité de mise en danger par des explosifs et des gaz toxiques dans un but criminel.

Son ADN a été retrouvé le février 2017 sur la tige en bois d’une fusée. À l’époque, deux de ces engins pyrotechniques ainsi qu’une batterie de feux d’artifice à 36 coups avaient été tirés contre le consulat général de Turquie à Zurich. Une lettre de revendication émanant des milieux d’extrême gauche avait alors été publiée sur la Toile. Il s’agissait alors de protester contre la participation de membres du gouvernement turc au Forum économique de Davos.

Des antécédents

Si le tribunal n’a pas pu prouver que la prévenue avait elle-même commis l’acte, il est clair qu’elle a remis la fusée aux auteurs du crime. Une seconde trace ADN sur les lieux du lancement prouve qu’il y avait une autre personne. Par ailleurs, en 2002, un même dispositif de fusée avait été lancé contre le consulat d’Espagne. En 2011, Andrea Stauffacher avait été condamnée pour ce fait.

Si Andrea Stauffacher s’est retrouvée devant la Cour, c’est à cause de la Turquie. À deux reprises, le Ministère public de la Confédération a voulu suspendre l’enquête car il estimait que les indices n’étaient pas suffisants pour une inculpation. Mais à deux reprises, le consulat turc a déposé un recours, avec succès.

Absente pour cause de manif

Lors de l’audience à laquelle Andrea Stauffacher n’était pas présente (elle manifestait devant le consulat de Turquie à Zurich!) son avocat a placé le procès dans sa perspective politique. Lors de ses plaintes, le consulat aurait fait référence aux bonnes relations avec la Suisse qui ne devaient pas être mises en danger. L’avocat du consul général a rétorqué qu’Andrea Stauffacher n’avait qu’à être là pour défendre ses droits.

Cette condamnation et la perspective d’aller en prison n’impressionnent guère l’activiste, elle qui se bat depuis 50 ans et qui est une figure emblématique du mouvement de gauche à Zurich. On ne sait pas encore si elle devra aller en prison car elle a encore la possibilité de faire appel.

(jbm)

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