Activiste de l'ETA libéré: grosse colère en Espagne
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Activiste de l'ETA libéré: grosse colère en Espagne

Ignacio de Juana Chaos, l'un des activistes les plus sanguinaires de l'histoire de l'ETA, est sorti de prison samedi après 21 ans de détention.

Sa libération a provoqué la colère des victimes de l'organisation indépendantiste basque.

De Juana Chaos, est sorti vers 07H20 de la prison d'Aranjuez, près de Madrid, à pied et accompagné par deux avocats et son épouse. Sa libération a eu lieu, par un hasard de calendrier, 40 ans jour pour jour après le premier assassinat planifié de l'ETA, qui avait tué par balles un policier franquiste le 2 août 1968.

L'atmosphère entourant sa libération a été tendue. Les associations de victimes du terrorisme l'ont qualifiée «d'insulte à la justice et d'affront aux victimes de l'ETA» et ont déploré de le voir sortir de prison sans qu'il n'ait même effectué un an de prison pour chaque victime qui lui est attribuée.

3000 ans de prison

Ignacio de Juana Chaos, qui n'a jamais exprimé le moindre repentir, avait été condamné à une peine cumulée de 3000 ans de prison pour des attentats qui avaient fait 25 morts dans les années 1980. Il a passé un peu plus de 20 ans en réclusion, dix de moins que le maximum effectif prévu par la loi espagnole, grâce à des remises de peines.

«Je ne peux avoir qu'une opinion: il faut respecter la loi», a déclaré vendredi soir le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero. Mais «cet individu suscite chez tous les citoyens et, bien sûr, chez le chef du gouvernement, une sensation parfaitement compréhensible de mépris», a-t-il ajouté.

Manifestations

A Madrid, l'Association des victimes du terrorisme (AVT), proche de la droite, a manifesté samedi contre cette libération et rendu hommage aux victimes de l'ETA en déposant 25 bouquets de fleurs sur la place où avaient été tués 12 gardes civiles en 1986, dans un attentat à la voiture piégée auquel avait participé de Juana Chaos.

Une autre manifestation a été organisée à Saint-Sébastien (nord), à l'initiative du Comité de victimes du terrorisme du Pays Basque (Covite).

Ces derniers jours, les médias espagnols ont soulevé une autre polémique, soulignant que le futur domicile de l'ex-activiste, à Saint-Sébastien, est situé à proximité de logements de plusieurs victimes de l'ETA.

Grèves de la faim

De Juana Chaos a beaucoup fait parler de lui en observant deux grèves de la faim, en 2006 et 2007, pour protester contre une condamnation supplémentaire à trois ans de prison - pour avoir écrit des articles au ton virulent dans le journal indépendantiste «Gara» -, alors qu'il allait être libéré.

De Juana avait entamé depuis quelques jours une troisième grève de la faim, pour protester notamment contre l'ouverture d'une enquête sur son patrimoine visant à vérifier s'il ne peut réellement indemniser ses victimes, à hauteur de 8 millions d'euros, comme la justice le lui demande. (ats)

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