Actualisé 16.02.2017 à 09:52

Dépendances

Addiction Suisse regrette le laisser-faire des autorités

Le Parlement fédéral renonce à intervenir pour réglementer des marchés, comme celui des jeux d'argent, se désole l'organisation.

En matière de jeux d'argent, les pouvoirs publics tirent profit de la faible régulation, selon Addiction Suisse.

En matière de jeux d'argent, les pouvoirs publics tirent profit de la faible régulation, selon Addiction Suisse.

Keystone/Archives/Photo d'illustration

Addiction Suisse critique le «laisser-faire» des autorités dans la lutte contre les addictions.

Les conflits d'intérêts paralysent la politique des addictions, dénonce jeudi la fondation à l'occasion de la publication de son panorama annuel des addictions. L'industrie et ses lobbies pèsent de tout leur poids, notamment dans le cadre de l'élaboration des lois sur l'alcool et sur les produits du tabac.

Et en matière de jeux d'argent, les pouvoirs publics tirent profit de la faible régulation. Le projet de loi en discussion aux Chambres fédérales ne tient pas suffisamment compte des préoccupations de la prévention, ajoute Addiction Suisse.

On estime actuellement à 75'000 le nombre de joueurs problématiques ou pathologiques en Suisse, dont de nombreux jeunes. Pour les milieux de la prévention, il faut renforcer la protection des joueurs. D'autant plus qu'à l'avenir, les casinos pourront proposer des jeux en ligne, synonymes de risques plus élevés. Pour rappel: les coûts sociaux de la dépendance au jeu sont estimés entre 551 et 648 millions de francs par an en Suisse, note Addiction Suisse.

Publicité pour le tabac

En matière de tabagisme, les chiffres sont stables. Parmi les plus de 15 ans, une personne sur quatre fume, et une sur trois est exposée au moins une heure par semaine à la fumée du tabac. Plus de la moitié des fumeurs disent vouloir arrêter, mais cette intention est difficile à concrétiser. L'omniprésence de la publicité ne leur simplifie pas la tâche. Or le Parlement s'oppose à une réglementation efficace pour interdire la publicité sur le tabac.

La consommation d'alcool est solidement ancrée dans notre société. Son évolution chez les jeunes mérite une attention particulière: dans la catégorie des 20 à 24 ans, la consommation chronique à risque semble en nette augmentation. Les prochaines enquêtes diront s'il s'agit d'une véritable tendance ou d'un écart statistique exceptionnel, indique Addiction Suisse dans un communiqué.

Vente d'alcool

La fondation regrette que les autorités ne cherchent pas à infléchir la consommation d'alcool en augmentant les prix ou en limitant les horaires de vente. Résultat: les problèmes liés à l'alcool pèsent toujours aussi lourd. Certes, une base légale va être créée pour les achats-tests, ce qui renforcera la protection des jeunes.

La production, la vente et la consommation de cannabis est interdite, mais quelque 210'000 personnes ont récemment fumé du cannabis acheté dans le pays. Les contrevenants ne s'exposent pas tous aux mêmes sanctions. L'introduction en 2013 de la procédure relative aux amendes d'ordre n'a rien changé à l'hétérogénéité des pratiques, constate le communiqué.

Internet, parfois un problème

Enfin, Internet, nouvelle source de dépendance: aujourd'hui, tout le monde, ou presque, est connecté. On estime à environ 370'000 le nombre de personnes âgées de plus de 15 ans qui ont du mal à contrôler leur usage des écrans. Le problème touche 7,4% des jeunes de 15 à 19 ans. Comme le problème a tendance à s'accentuer, il importe de mettre en place des services spécialisés, demande Addiction Suisse. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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