Actualisé 13.03.2013 à 15:21

Placement de personnelAdecco a vu son bénéfice net fondre en 2012

Le bénéfice net attribuable aux actionnaires du premier groupe mondial de placement de personnel s'est réduit de 27%.

Adecco subit de plein fouet le marasme du marché du travail dans la zone euro, en France notamment. Le numéro un mondial du placement de personnel a vu l'an passé son bénéfice net fondre de 27% au regard de 2011, à 377 millions d'euros (465 millions de francs).

Le résultat opérationnel s'est contracté de 12% à 673 millions d'euros (-15% à taux de change constants). Quant au chiffre d'affaires, il est demeuré pratiquement inchangé d'une année à l'autre, à 20,54 milliards d'euros, a indiqué mercredi le groupe aux origines franco-vaudoises et basé à Glattbrugg (ZH).

A taux de change constants, les recettes accusent néanmoins un repli de 3%. Baromètre de la conjoncture, l'intérim est le premier secteur touché par la crise. Le premier à bénéficier de la reprise aussi.

Mais l'heure n'est pas encore à la fête. Le groupe évolue dans un contexte délicat, le chômage ne cessant de grimper dans nombre de pays européens. «Nous avons dû faire face à un déclin à deux chiffres des revenus en France, en Italie et dans la péninsule ibérique», relève le directeur général Patrick De Maeseneire, cité dans le communiqué.

Faiblesse du marché français

Ainsi, dans l'Hexagone, plus important marché de la société, le chiffre d'affaires a reculé de 14% à 5,2 milliards d'euros. Au seul quatrième trimestre, il a chuté de 17% à 1,2 milliard, sur fond de faiblesse dans le secteur automobile et l'industrie manufacturière, a précisé le patron belge en conférence téléphonique.

L'entreprise indique avoir quasiment achevé sa réorganisation outre-Jura, annoncée en mars 2012 et réunissant sous un même toit les marques Adecco et Adia. Plus de 500 emplois ont été biffés. Les activités commerciales se sont redressées ces dernières semaines, selon Adecco.

Dans la péninsule ibérique et en Italie, les affaires ont fléchi de respectivement 11 et 10% l'an dernier. Et de 8% en Suisse. En Allemagne et en Autriche en revanche, elles se sont étoffées de 3%. Et même de 13% au Royaume-Uni et en Irlande.

Solide performance également en Amérique du Nord, deuxième marché clef. Les revenus y ont progressé au fil de l'année, souligne Adecco, pour au final afficher une embellie de 10% à 3,8 milliards d'euros. Les pays émergents ont, eux aussi, inscrit une croissance à deux chiffres ( 11% à 1,8 milliard d'euros).

En dépit de cette contre-performance, les actionnaires se verront proposer un dividende inchangé par rapport à celui versé au titre de 2011, de 1,80 franc par action. Prélevé sur les apports en capital, il est exempt d'impôt.

Perspectives dégrisantes

Côté perspectives, Patrick De Maeseneire anticipe des conditions économiques plus favorables en fin d'année. La firme continuera de se concentrer «sur une stricte gestion des coûts» pour préserver sa rentabilité. Elle confirme son objectif, d'ici à 2015, d'une marge brute d'exploitation supérieure à 5,5%, laquelle a atteint 3,5% l'an passé.

Des prévisions peu «captivantes», dixit un analyste de la Banque cantonale de Zurich. La diminution des ventes de 5% sur un an au cours des deux premiers mois de cette année n'a pas rassuré non plus. Quant aux résultats annuels, hormis le chiffre d'affaires, ils ont déçu.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont sanctionné l'action Adecco. En fin de matinée, le titre plongeait de 3,20% à 52,95 francs dans un marché en baisse de 0,44%. (ats)

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