Adecco vise le recrutement haut de gamme Michael Page

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Adecco vise le recrutement haut de gamme Michael Page

Adecco, leader mondial des services en ressources humaines, envisage le rachat de la société britannique Michael Page. Mais ce cabinet de recrutement n'est pas pressé de tomber dans l'escarcelle du groupe vaudois.

Suite à des informations parues dans certains médias, Michael Page a diffusé mardi un communiqué alors qu'Adecco souhaitait ne rien publier dans l'immédiat. Le groupe britannique dit avoir fait l'objet d'une «approche préliminaire non sollicitée».

L'éventuelle offre qui pourrait en découler est soumise à des conditions préalables, parmi lesquelles une procédure d'audit (»due diligence»). Aucun prix n'est évoqué pour l'instant.

Mais à la Bourse de Londres, l'action Michael Page a bondi d'un tiers à quelque 350 pence. A ce prix, sa capitalisation atteint environ 1,1 milliard de livres sterling, soit 1,4 milliard d'euros (2,2 milliards de francs): une somme qu'Adecco, en mai, avait indiqué pouvoir réunir en cas de belle opportunité d'acquisition.

Le groupe de Chéserex (VD) a fini par diffuser à son tour un communiqué dans la journée: il a confirmé sa démarche, tout en soulignant le caractère exploratoire des discussions en cours. Adecco a aussi rappelé sa volonté affichée d'étendre ses activités dans le domaine spécialisé aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Cible de qualité

La direction de Michael Page continue pourtant à croire que son entreprise dispose de très bonnes perspectives en restant indépendante. Elle juge que sa stratégie de diversification géographique et sectorielle lui promet un bel avenir.

Michael Page comptait à fin juillet 166 bureaux dans 28 pays et employait plus de 5500 personnes. Le groupe a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 831,6 millions de livres sterling (1,7 milliard de francs), soit un vingtième de celui d'Adecco.

Le géant vaudois a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 34,5 milliards de francs. Il compte 7000 bureaux et plus de 37 000 collaborateurs dans une soixantaine de pays.

Le groupe de Londres n'a certes pas une taille comparable avec celle d'Adecco, mais il jouit d'une très forte croissance: son chiffre d'affaires a bondi de 28% entre 2006 et 2007. De plus, il affiche des marges très élevées et en rapide progression.

La qualité de cette acquisition potentielle n'a pas échappé au marché. L'action Adecco, dont la cotation a été brièvement interrompue, a gagné ensuite jusqu'à 6% à la Bourse suisse.

L'information a aussi dopé l'ensemble du domaine des ressources humaines, puisque le titre du britannique Hays a bondi de 8% et ceux des néerlandais Randstad et USG People ont grimpé de 5%. (ats)

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