Procès des attentats du 13-Novembre – Adel Haddadi, ce petit poisson égaré chez Daech
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Procès des attentats du 13-NovembreAdel Haddadi, ce petit poisson égaré chez Daech

Devant la Cour d’assises spéciale de Paris, le jihadiste algérien, soupçonné d’avoir été envoyé à Paris pour participer aux attaques de 2015, a dit vendredi avoir été choisi par l’EI car «serviable».

Selon les enquêteurs, Adel Haddadi aurait dû participer aux attaques à Paris et Saint-Denis. À la barre, il a soutenu vendredi qu’il n’avait jamais eu l’intention d’exécuter la mission que l’EI lui avait confiée.

Selon les enquêteurs, Adel Haddadi aurait dû participer aux attaques à Paris et Saint-Denis. À la barre, il a soutenu vendredi qu’il n’avait jamais eu l’intention d’exécuter la mission que l’EI lui avait confiée.

AFP

Soupçonné d’avoir été mandaté par l’État islamique pour prendre part aux attentats du 13-Novembre, l’Algérien Adel Haddadi a livré vendredi un discours confus devant la Cour d’assises spéciale de Paris expliquant n’avoir jamais eu l’intention de devenir un kamikaze tout en reconnaissant n’avoir jamais désobéi à ses commanditaires.

«Comment expliquez-vous qu’on vous ait choisi vous pour une mission d’importance capitale pour l’État islamique?» demande le président Jean-Louis Périès à l’accusé qui, depuis le début de son interrogatoire, se décrit comme un petit poisson égaré chez Daech. Les cadres de l’État islamique avaient «compris que je n’étais pas capable de dire non. J’étais quelqu’un de serviable», répond Adel Haddadi, par la voix de son interprète.

«En Syrie, on ne pose pas de questions. C’est interdit»

«Enfin, s’emporte Jean-Louis Périès, être serviable et être capable de commettre un attentat, ce n’est pas tout à fait la même chose!» «Je ne sais pas pourquoi ils m’ont choisi, peut-être parce que je n’étais pas connu en Europe», dit, tête baissée, l’Algérien de 34 ans qui s’exprime en arabe et parfois en français. «Je leur ai dit que j’acceptais, mais en moi-même je n’étais pas pour», dit-il. «En Syrie, on ne pose pas de questions. C’est interdit. Je l’ai compris dès le début. C’est les consignes».

Selon les enquêteurs, Adel Haddadi aurait dû participer aux attaques à Paris et Saint-Denis. Arrivé en Syrie en février 2015 – pour «faire de l’humanitaire» soutient l’accusé – il reconnaît avoir effectué un entraînement militaire «mais seulement une semaine» et admet avoir rencontré à Raqqa Oussama Atar, considéré comme le commanditaire et ordonnateur des attentats du 13-Novembre.

Aux côtés du Pakistanais Muhammad Usman (également sur le banc des accusés) et des deux Irakiens kamikazes du Stade de France, Adel Haddadi a quitté Raqqa, le fief de l’État islamique, le 1er octobre 2015. Les quatre hommes ont pour mission de rejoindre l’Europe, via «la route des migrants» pour y commettre des attaques.

Munis de «vrais-faux» passeports syriens, Haddadi et Usman seront interpellés en Grèce et brièvement emprisonnés. Les deux Irakiens en revanche réussiront à passer à travers les mailles du filet. Libérés fin octobre, Haddadi et Usman reprendront leur route mais seront de nouveau arrêtés en décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche.

L’Autriche, ce beau pays

L’accusé soutient qu’en fait il voulait aller en Autriche. «J’ai jamais pensé continuer jusqu’en France», dit-il. «Un Algérien qui vivait en Autriche m’a dit que c’était un beau pays.» Le président insiste. «Avez-vous parlé du but de votre voyage avec Usman?» demande-t-il. «Non jamais», répond l’accusé. «Je me suis dit: je vais aller en Europe et après je vais me retirer de tout ça». «J’attendais le bon moment pour me sortir de ça… Je cherchais d’autres solutions mais je n’en ai pas trouvé», répète l’accusé.

«Vous auriez pu vous enfuir, même sans papiers… Certains migrants y arrivent très bien tout seuls», ironise le président.

(AFP)

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