Actualisé 27.07.2016 à 08:52

Prêtre égorgé en FranceAdel K. avait déjà parlé de «se faire une église»

Auteur de la prise d'otages qui a coûté la vie à un prêtre, mardi dans une église près de Rouen, un Français de 19 ans portait un bracelet électronique. Il avait été arrêté à Genève.

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pif/cga
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L'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun a donné une conférence de presse ce dimanche 2 octobre, avant la réouverture de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

L'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun a donné une conférence de presse ce dimanche 2 octobre, avant la réouverture de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

AFP
L'église de Saint-Etienne-Du-Rouvray ouvrira à nouveau ses portes ce dimanche 2 octobre 2016. Seules 200 personnes accréditées pourront entrer dans l'établissement. (30 septembre 2016)

L'église de Saint-Etienne-Du-Rouvray ouvrira à nouveau ses portes ce dimanche 2 octobre 2016. Seules 200 personnes accréditées pourront entrer dans l'établissement. (30 septembre 2016)

AFP
Les assassins du père Jacques Hamel à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (F), fin juillet, étaient en contact avec un Roannais de 29 ans, établi en zone irako-syrienne, selon L'Express. Ce dernier semble avoir «piloté» leur action. (Jeudi 18 août 2016)

Les assassins du père Jacques Hamel à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (F), fin juillet, étaient en contact avec un Roannais de 29 ans, établi en zone irako-syrienne, selon L'Express. Ce dernier semble avoir «piloté» leur action. (Jeudi 18 août 2016)

AFP

Le profil de l'un des auteurs présumé de l'attaque contre une église de Saint-Etienne-du-Rouvray (F), mardi matin près de Rouen, se dévoile petit à petit. Selon M6, Adel K., Français de 19 ans, était sorti de prison le 22 mars dernier, après avoir passé près d'un an derrière les barreaux. Il avait été placé en détention après avoir été arrêté à Genève en mai 2015. Le procureur de Paris François Molins a confirmé mardi soir cette information.

La «Tribune de Genève» explique que le jeune homme, né le 25 mars 1997, tentait alors de se rendre en Syrie en passant par la Turquie. Après un premier essai infructueux via Munich (A), il avait retenté sa chance en décollant de la cité de Calvin. Pincé à son arrivée sur le sol turc, les autorités locales l'avaient alors renvoyé dans un vol pour Cointrin. A sa sortie de l'avion, il avait été cueilli par les policiers suisses. Placé dans une prison du bout du lac, il avait été extradé peu après en France.

Bracelet électronique

Là, il avait été mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire. Moins d'un an après son arrestation à Genève, il a donc été remis en liberté, contre l'avis du Parquet. Domicilié chez ses parents, il restait placé sous contrôle judiciaire et portait un bracelet électronique, précise M6. Selon «le Nouvel Obs» Adel K. dans le cadre de son placement sous bracelet électronique, bénéficiait d'une autorisation de sortie quotidienne de son domicile de 8h30 à 12h30. Il portait son bracelet électronique au moment de l'attaque.

La «Tribune de Genève» avait consacré un long article sur le jeune Français juste avant son extradition vers la France. On y apprenait qu'il s'était ému après la tuerie de «Charlie Hebdo», qui avait agi comme un déclic. Il s'était alors radicalisé via Facebook en moins de 3 mois.

La première image d'Adel K diffusée par Le Parisien

«Ensorcelé, comme dans une secte»

Adel K., jusqu'ici «gamin joyeux, gentil, qui aimait la musique et sortir avec des copines» avait alors commencé à fréquenter la mosquée avec assiduité et a faire la leçon à sa famille non pratiquante. «Il parlait avec des mots qui ne lui appartenaient pas. Il a été ensorcelé, comme dans une secte, racontait sa mère au quotidien genevois. Heureusement, on a réussi à le rattraper à temps, par deux fois, poursuit sa mère. S'il avait pu passer en Syrie, je pouvais faire une croix sur mon fils. J'aimerais bien savoir qui a chamboulé notre gamin».

A peine majeur, il avait déjà parlé de «se faire une église», selon des témoignages recueillis dans son voisinage. «On savait qu'il voulait aller en Syrie», a témoigné auprès de l'AFP un voisin de la famille, âgé de 60 ans et qui dit ne l'avoir «jamais vu à la mosquée» qu'il fréquente tous les jours.

Pour rappel, Adel K., accompagné d'un complice, a fait irruption mardi matin dans une église près de Rouen, dans le nord de la France. S'en est suivie une prise d'otages, pendant laquelle le prêtre de la paroisse a été tué. Un autre homme a également été grièvement blessé. Les deux assaillants ont été abattus par les forces de l'ordre. L'attentat a été revendiqué par l'Etat islamique.

Portrait contradictoire

A Saint-Etienne-de-Rouvray, d'autres connaissances ont dressé un portrait contradictoire de l'assaillant présumé. «Je ne suis pas étonné, il m'en parlait tout le temps», a dit sur RTL un adolescent qui a assuré faire partie de ses connaissances. «Il parlait d'islam, qu'il allait faire des trucs comme ça. Il m'a dit 'je vais aller faire une église' il y a deux mois. Je l'ai pas cru, il disait beaucoup de choses».

«C'était un jeune comme nous, je ne comprends pas comment il a basculé comme ça», a en revanche affirmé une autre connaissance à la radio. «Il s'est fait retourner le cerveau. Ce qu'il a fait, ça n'a rien à voir avec les musulmans».

Mardi, à l'heure de la messe, il a fait irruption avec un complice dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Les deux assaillants ont pris en otage cinq personnes, avant d'égorger le prêtre octogénaire. Un autre otage est très grièvement blessé, selon le ministère de l'Intérieur.

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