06.06.2018 à 08:31

Suisse Ados privés de WhatsApp: école sans stratégie claire

L'application est désormais interdite aux moins de
16 ans. Pourtant, les profs continuent de l'utiliser en classe.

von
Doreen Enssle
Plusieurs enseignants ont créé des groupes de classe.

Plusieurs enseignants ont créé des groupes de classe.

Reto Oeschger

«Les groupes WhatsApp devraient être interdits en classe» assène Yves Froideveaux, secrétaire général de la Société pédagogique vaudoise. Les élèves de moins de 16 ans n'ont théoriquement plus accès au service de messagerie. En cause: la modification des conditions générales liée au règlement européen sur la protection des données, entré en vigueur le 25 mai.

Mais en pratique, beaucoup d'enseignants continuent d'échanger via la messagerie avec leurs élèves. Serge Martin, adjoint à la Direction générale de l'enseignement obligatoire (DGEO) vaudois admet que la question est «extrêmement problématique».

Officiellement, l'agenda de l'élève demeure «le moyen de communication» entre l'écolier et son professeur. Pour Sébastien Fanti, préposé valaisan à la protection des données, la responsabilité des professeurs est clairement en jeu: «Si les profs encouragent des élèves à utiliser Whats­App, ils prennent de gros risques inutiles». En clair, une action civile ou pénale.

Situation floue

«On ne reçoit pas de consignes précises», regrette Salima Moyard, prof au Cycle d'orientation de Drize, à Carouge (GE), et députée au Grand Conseil genevois. Certains de ses collègues se servent de Whats­App.

Pour l'instant, c'est l'impasse. Si la communication via l'application est en principe prohibée, elle est «néanmoins pratiquée, sous la seule responsabilité des enseignants», indique Pierre-­Antoine Preti, au Département genevois de la formation et de la jeunesse.

Moyens de communication alternatifs A Neuchâtel, tous les élèves possèdent une adresse de messagerie dès le cycle 3, donc dès 12-13 ans. Progressivement, ils pourront aussi communiquer via une plateforme qui respecte la protection des données, comme Pronote. Ce logiciel est utilisé depuis cette année scolaire dans plusieurs établissements. Vaud étudie «l'opportunité de développer une application interne permettant d'utiliser les potentialités des réseaux en classe», commente Serge Martin, de la DGEO.

Moyens de communication alternatifs A Neuchâtel, tous les élèves possèdent une adresse de messagerie dès le cycle 3, donc dès 12-13 ans. Progressivement, ils pourront aussi communiquer via une plateforme qui respecte la protection des données, comme Pronote. Ce logiciel est utilisé depuis cette année scolaire dans plusieurs établissements. Vaud étudie «l'opportunité de développer une application interne permettant d'utiliser les potentialités des réseaux en classe», commente Serge Martin, de la DGEO.

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