Lausanne: Aebischer présidera encore deux ans l'EPFL
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LausanneAebischer présidera encore deux ans l'EPFL

Nommé en 1999, Patrick Aebischer a été reconduit trois fois dans ses fonctions de président de l'EPFL. Son mandat se terminera à la fin de l'année 2016.

Patrick Aebischer quittera la présidence de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) à fin 2016, après plus de 15 ans à ce poste. Campus agrandi, apport de fonds européens et sponsoring d'entreprises: le Fribourgeois de 60 ans a considérablement développé et remodelé le visage de la Haute Ecole.

Sur proposition unanime du conseil des EPF, le Conseil fédéral a prolongé mercredi le mandat de Patrick Aebischer jusqu'au 31 décembre 2016. Ce quatrième mandat devait se terminer en février 2016, mais un cinquième, au moins partiel, n'était pas exclu. Restait à connaître la date exacte de son départ.

C'est désormais chose faite, ce qui permet d'organiser la succession «dans les meilleurs délais» et avec tout le soin requis. Le Conseil fédéral a annoncé qu'il nommerait «en temps utile» la personne qui lui succédera, sur proposition du Conseil des EPF. Ce dernier entamera les travaux préparatoires lors de sa prochaine séance, début mars.

Transition

Patrick Aebischer a souhaité passer le relais, mais il s«est mis à disposition pour 10 mois supplémentaires afin d'assurer la transition dans les meilleures conditions. Il ne cachait pas dans ses récentes interviews qu'il se plaçait désormais dans une logique de transmission, préparant la relève.

Sous son impulsion, l'EPFL, qui était encore en l'an 2000 une école d'ingénieurs classique, s'est hissée «dans le peloton de tête des classements internationaux», écrit le Conseil des EPF. En quinze ans, le nombre d'étudiants et de professeurs a doublé.

Le campus, incarné par le Learning Center et le SwissTech Convention Center, s'est fortement développé. Un parc de l'innovation favorise le transfert de technologies et l'émergence de start-up. Et des antennes régionales ont émergé ou vont voir le jour aux quatre coins de la Suisse romande, à Sion, Fribourg, Genève et Neuchâtel.

Arrivée mouvementée

L'arrivée à Lausanne de Patrick Aebischer ne s'est pourtant pas faite sans heurt. Nommé président en 1999, il est entré en fonction en mars 2000 avec un bon mois de retard sur le calendrier prévu, une partie des professeurs craignant un fort développement des sciences de la vie au détriment d'autres domaines de recherche.

Plus récemment, son succès a aussi suscité des interrogations et des critiques. Certaines voix se sont élevées pour dire que l'indépendance académique de l'école risquait d'être menacée par le sponsoring et les partenariats passés avec le monde de l'entreprise.

Fin 2014, Patrick Aebischer a pris la présidence du Novartis Venture Funds (NVF), le plus grand fonds de capital-risque dans le domaine des sciences de la vie, avec l'aval du Conseil des EPFF. Un mandat adapté aux compétences d'un chercheur en neurosciences et en médecine, entrepreneur et créateur de deux start-up en biotechnologie, avait expliqué l'école. (ats)

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