Fribourg: Affaire de l'A1: policier vaudois jugé en octobre
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FribourgAffaire de l'A1: policier vaudois jugé en octobre

Le gendarme vaudois qui avait tiré sur un voleur de voitures français dans le tunnel de Sévaz devra répondre de meurtre par dol éventuel.

par
Christian Humbert

Meurtre par dol éventuel (sans intention, mais ne pouvant écarter le décès), voire homicide par négligence et mise en danger de la vie d'autrui: un gendarme du Nord vaudois de 38 ans comparaîtra sous ces lourdes préventions début octobre à Fribourg. En 2010, il avait été impliqué dans un tir mortel dans le tunnel de Sévaz, sur l'autoroute A1. Son avocat, le Vaudois Jacques Michod, soutiendra l'acquittement. Le frère jumeau du jeune voleur français abattu par l'agent sera plaignant dans cette affaire. Le conducteur lyonnais de la voiture volée, déjà condamné pour des vols de voitures, comparaîtra aussi dans ce même procès sous la prévention de mise en danger de la vie d'autrui pour avoir foncé sur les policiers à près de 140 km/h dans le tunnel.

C'est en effet dans cet espace fermé de l'autoroute Fribourg-Nord vaudois, à la mi-avril 2010, que Yunus et Sébastien foncent au volant d'une Audi qu'ils ont dérobée. Deux gendarmes vaudois s'y trouvent. Ils ont installé une herse. Ils font signe au conducteur de l'Audi de s'arrêter. Il continue de rouler en direction des policiers. Un des deux agents tire sept coups de feu avec sa mitraillette. Un premier coup atteint mortellement Sébastien, dont le frère jumeau faisait aussi partie de l'équipée, dans une autre automobile non interceptée.

Le procureur général Fabien Gasser avait conclu que le gendarme vaudois n'avait pas commis de faute. La famille a cependant obtenu une position contraire du Tribunal fédéral. Le gendarme se retrouve donc accusé au terme d'une nouvelle enquête, menée par un autre procureur. Le conducteur de l'Audi, Yunus, 33 ans, sera à ses côtés, comme accusé par les deux agents. Il est reproché au voleur français d'avoir roulé à près de 200 km/h sur l'AI. Il a passé outre les ordres d'arrêt et a continué sa route malgré les coups de feu, au risque de blesser les agents. Il est d'ailleurs passé à moins d'un mètre de l'un d'eux. Il a enfin franchi la herse à près de 130 km/h avant de s'immobiliser. Il avait été libéré à la veille de Noël 2010 après avoir versé quelque 3000 euros de caution.

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