France: Affaire du Levothyrox: Merck condamné
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FranceAffaire du Levothyrox: Merck condamné

Mise sur le marché en mars, la nouvelle formule de ce médicament pour traiter des pathologies thyroïdiennes est accusée de graves effets secondaires.

C'est la première condamnation du géant allemand dans ce dossier, en France.

C'est la première condamnation du géant allemand dans ce dossier, en France.

AFP

La justice française a condamné mardi le laboratoire pharmaceutique allemand Merck à fournir «sans délai le produit ancienne formule» du Levothyrox, un médicament très répandu contre l'hypothyroïdie, à des patients du sud-ouest de la France qui l'ont réclamé.

Ce sont 25 des 90 plaignants, qui souffraient «de graves troubles» après avoir pris une nouvelle formulation du Levothyrox, qui obtiennent ainsi satisfaction, le Tribunal de grande instance de Toulouse infligeant à Merck une astreinte de 10.000 euros par jour par infraction constatée.

Mise sur le marché en mars, la nouvelle formule de ce médicament prescrit à 3 millions de personnes en France pour traiter des pathologies thyroïdiennes est accusée de graves effets secondaires comme des crampes, maux de tête, vertiges et perte de cheveux.

Retour au compte-gouttes

Face à la colère des patients, l'ancienne formule du médicament a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre, mais au compte-gouttes. Disponible sous le nom d'Euthyrox, l'ancienne formule est prescrite uniquement aux patients «qui n'ont pas d'alternative».

Parallèlement, les plaintes des patients se sont multipliées et le siège français de Merck à Lyon a fait l'objet le 3 octobre d'une perquisition sous la supervision de deux magistrats.

La décision du Tribunal de grande instance de Toulouse, qui enjoint à Merck de fournir «sans délai le produit ancienne formule par le biais des circuits de distribution et de commercialisation», constitue la première condamnation en justice.

«C'est une pression considérable pour les contraindre à livrer le produit», a déclaré à l'AFP l'avocat des plaignants, Jacques Lévy, après avoir lu le jugement.

Merck reconnaît les effets secondaires

Le 8 novembre, à l'audience, la première civile en France, le juge s'était transporté dans une pharmacie à proximité du tribunal pour constater l'absence de l'ancienne formulation du Levothyrox.

De son côté, l'avocat du laboratoire, Me Antoine Robert, avait estimé que la juridiction civile toulousaine n'était pas compétente pour statuer sur la fourniture d'un médicament «qui ne dispose plus d'autorisation de mise sur le marché (AMM)». Un litige qui ne peut être tranché que devant le tribunal administratif, avait-il estimé.

Reconnaissant toutefois les effets secondaires chez certains patients, l'avocat de Merck avait souligné que la nouvelle formule avait été exigée par l'Agence française du médicament qui déplorait le manque de stabilité du Levothyrox. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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