Fribourg : «Affaire Garnier»: l'avocat dégomme la procédure
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Fribourg «Affaire Garnier»: l'avocat dégomme la procédure

Le Parlement se prononcera demain sur la levée de l'immunité de la ministre démissionnaire. Son défenseur dénonce un vice de forme.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Le procureur Fabien Gasser s'est récusé dans l'Affaire Garnier.

Le procureur Fabien Gasser s'est récusé dans l'Affaire Garnier.

Keystone

Il a fallu moins de 24 heures au procureur général pour réagir après les révélations de «20 minutes» sur sa relation sentimentale avec la vice-chancelière de l'Etat. Fabien Gasser a indiqué vendredi à la RTS qu'il se récusait dans «l'affaire Garnier». Un nouveau magistrat, dont le nom n'a pas encore été dévoilé, va donc hériter de cet épineux dossier.

Le patron du Ministère public devait déterminer si la conseillère d'Etat a violé le secret de fonction en transmettant un document confidentiel à la presse. Mais cette procédure ne peut avancer que si le Grand Conseil donne son feu vert à la levée de l'immunité ministérielle de l'élue Verte.

Le Gouvernement «informé de la situation»

Ce sujet sera au menu des députés demain. Toutefois, pour l'avocat de Marie Garnier, ce débat est un coup d'épée dans l'eau. «La demande de la levée d'immunité a été faite par Fabien Gasser alors qu'il avait déjà une relation avec la vice-chancelière. Tous les actes opérés en violation de son obligation de récusation deviennent nuls. C'est le Code pénal qui le dit», a réagi hier Me André Clerc.

De son côté, le Gouvernement fribourgeois a indiqué jeudi qu'il était déjà «informé de la situation». Mais, selon nos renseignements, c'est seulement il y a deux semaines que la vice-chancelière lui a révélé sa relation avec le procureur général. Aveu tardif d'une proximité sentimentale qui donne une nouvelle tournure à «l'affaire Garnier».

Un virage ultime

L'affaire a éclaté au printemps. Elle a connu un tournant quand Fabien Gasser a demandé, le 3 août, la levée de l'immunité de la ministre. Le 9 octobre, par 10 voix contre 1, une commission parlementaire a donné un préavis favorable à cette requête. Le rapport a été rendu public le 3 novembre. Trois jours après, les députés ont eu accès à l'argumentaire du procureur, mais pas à celui de Marie Garnier. Le 8 novembre, la conseillère d'Etat a démissionné.

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