Fribourg - Affaire Godel: la récusation du procureur général en vue

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FribourgAffaire Godel: la récusation du procureur général en vue

Selon un ancien juge fédéral, un procureur ne doit pas instruire une affaire dans laquelle il est égratigné.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Le procureur Fabien Gasser en a pris pour son grade dans le livre.

Le procureur Fabien Gasser en a pris pour son grade dans le livre.

Archives / Le Matin / Laurent Crottet

En 2017, dans le cadre d’une procédure pénale contre l’ancienne conseillère d’État fribourgeoise Marie Garnier, le procureur général Fabien Gasser avait dû se récuser. «20 minutes» avait révélé une relation extraconjugale que le magistrat entretenait avec une femme qui assistait aux séances du Conseil d’État. Depuis mardi, Fabien Gasser instruit une affaire pénale visant l’ancien ministre Georges Godel et le journaliste Jean-Marc Angéloz. Après la parution du livre polémique «Secrets et confidences d’un président», ils sont sous enquête pour violation du secret de fonction et instigation à la violation du secret de fonction.

Le débat sur la récusation de Fabien Gasser est déjà là. Dans le livre, une cinglante pique du journaliste le vise: «Précisons que, dans le petit monde judiciaire fribourgeois, il ne passe pas pour une lumière.» Pour l’ancien juge fédéral Claude Rouiller, «de tels mots blessent une personne normale. Écrits dans le livre objet de l’enquête, ils peuvent, selon les circonstances, donner au prévenu le sentiment légitime que le magistrat visé pourrait lui en vouloir. C’est une question d’appréciation et je ne connais pas le dossier.»

Contacté par «20 minutes», le Ministère public s’est borné à dire: «Pour l’instant, c’est le procureur général qui instruit.» Pour l’instant…

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