Actualisé 15.06.2020 à 15:13

FranceAffaire Karachi: prison ferme pour six prévenus

Dans le volet financier de cette affaire tentaculaire, six personnes ont écopé lundi de peines sévères. La Cour a estimé que les prévenus ne pouvaient ignorer l’origine douteuse des fonds.

Les suspects ont passeront entre deux et cinq ans derrière les barreaux.

Les suspects ont passeront entre deux et cinq ans derrière les barreaux.

AFP

Vingt-cinq ans après les faits, le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi à des peines allant de deux à cinq ans de prison ferme six prévenus dans le volet financier de l'affaire Karachi, concernant des commissions occultes sur des contrats d'armements signés en 1994 avec l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Le tribunal a durement sanctionné les anciens proches de l'ex-Premier ministre français Edouard Balladur, qui ne pouvaient ignorer «l'origine douteuse» des fonds versés sur le compte de la campagne présidentielle malheureuse de 1995 et issus de rétrocommissions illégales. Ce premier jugement sonne comme un avertissement pour l'ex-Premier ministre français, dont le procès aura lieu dans les prochains mois.

Financer la campagne de Balladur

En octobre, le parquet de Paris a requis des peines allant de 18 mois ferme à 7 ans de prison contre ces six hommes: un industriel, trois personnages politiques et deux intermédiaires. L’accusation invoquait l’abus de biens sociaux, la complicité ou recel de ce délit. Selon elle, les pots-de-vin, alors légaux, versés à des intermédiaires pour des contrats d'armement signés en 1994 avec l'Arabie Saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta) avaient donné lieu à des rétrocommissions illégales qui ont contribué à financer la campagne présidentielle malheureuse d'Edouard Balladur, en 1995.

Les contrats en question se chiffraient en milliards, les commissions promises frôlaient les 300 millions d'euros et les sommes versées se comptaient en dizaines de millions. L'objectif poursuivi, selon l'accusation, était de faire revenir une petite partie des pots-de-vin versés au «réseau K» vers les comptes de la campagne Balladur.

Faits mis au jour après un attentat

Dans cette affaire, les soupçons de rétrocommissions avaient émergé au fil de l'enquête sur l'attentat de Karachi. Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la DCNI coûtait la vie à 15 personnes dont 11 Français travaillant à la construction des sous-marins dans le grand port pakistanais.

(AFP)

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