Genève: Affaire Maudet: session spéciale demandée
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GenèveAffaire Maudet: session spéciale demandée

La gauche et le MCG s'unissent pour réprouver officiellement l'acceptation d'un cadeau par le conseiller d'Etat.

par
Maria Pineiro
Le voyage de Pierre Maudet à Abu Dhabi alimente la défiance d'un partie du parlement.

Le voyage de Pierre Maudet à Abu Dhabi alimente la défiance d'un partie du parlement.

Keystone/Salvatore di Nolfi

«Nous voulons une session parlementaire spéciale avant les vacances d'été et la création d'une sous-commission d'enquête sur l'affaire Maudet.» Les députés de gauche et du MCG n'entendent pas laisser le voyage du conseiller d'Etat à Abu Dhabi sans suites politiques. «La haute surveillance du gouvernement fait partie des devoirs du Grand Conseil», ont-ils rappelé jeudi en début d'après-midi, soit quelques heures avant la prestation de serment des sept magistrats. «Il y a urgence», a indiqué la Verte Alessandra Oriolo.

Les députés, qui représentent 52 de leur collègues, ont également annoncé le dépôt d'une résolution, qu'ils mettront à l'ordre du jour de la session extraordinaire et espèrent voir votée sur le siège. «Il faut un signal politique fort», ont-ils affirmé en choeur. La résolution demande au Grand Conseil de «réprouver l'acceptation d'un luxueux cadeau d'une valeur de plusieurs milliers de fr. par le conseiller d'Etat Pierre Maudet et d'un haut fonctionnaire, son chef de cabinet».

Les élus ont rappelé que le règlement d'application de la loi sur sur le personnel cantonal leur interdit d'«accepter pour eux-mêmes, ou pour autrui, des dons ou d'autres avantages en raison de leur situation officielle.» Ils estiment que la frontière entre vie privée et fonction, invoquée par Pierre Maudet, n'est pas justifiée dans le cas présent. On est conseiller d'Etat 24h sur 24h, a déclaré Alessandra Oriolo. Le MCG François Baertschi a insisté sur le fait que le PLR voulait de la police une exemplarité à tout instant.

Garantir l'indépendance de la justice

Le texte enjoint également le parlement à «rappeler au Conseil d'Etat qu'il doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'il n'y ait aucune interférence du pouvoir exécutif dans cette affaire, afin de garantir l'indépendance de la justice».

«C'est un acte politique et moral fort et un signal de défiance à l'égard de Pierre Maudet», a indiqué Jocelyne Haller, députée d'Ensemble à Gauche. Mais attention, a prévenu le socialiste Thomas Wenger, «il ne s'agit pas d'une condamnation. Nous pensons néanmoins que Pierre Maudet, en tant qu'élu, a un devoir de transparence, d'exemplarité et de vérité». Son homologue de Solidarités, Jean Batou a relevé que beaucoup de questions restaient encore ouvertes quant aux modalités et aux conséquences de ce voyage.

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