Manifestations en Italie: Affluence en recul pour les anti-Berlusconi
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Manifestations en ItalieAffluence en recul pour les anti-Berlusconi

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi à Rome contre le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Moins qu'en 2009, toutefois.

Le tout puissant chef du gouvernement italien a été singé par ses contradicteurs.

Le tout puissant chef du gouvernement italien a été singé par ses contradicteurs.

L'affluence était en recul par rapport au premier «No Berlusconi Day», qui avait rassemblé un demi-million de personnes le 5 décembre 2009.

Selon la préfecture, les manifestants étaient au nombre de 50'000, tandis que les organisateurs, un groupement civique sans étiquette politique baptisé le Peuple Violet, avançaient le chiffre de 500'000.

Le cortège des manifestants a défilé de la place de la République, à deux pas de la gare centrale de Termini, jusqu'à la place Saint-Jean-de-Latran. Plusieurs groupes musicaux se sont produits sur un podium qui a accueilli également les interventions de plusieurs membres de la société civile.

Portant qui une écharpe violette, qui un T-shirt violet, les manifestants brandissaient des banderoles à l'adresse du chef du gouvernement: «Dimettiti!» (»Démissionne!»). Des marionnettes à son effigie émaillaient également le cortège.

«Depuis un an, les choses ne se sont pas améliorées en Italie, au contraire», a expliqué à l'AFP Paola, une employée de pharmacie de 27 ans. «Je m'attendais à ce qu'il y ait moins de monde aujourd'hui», a confié la jeune femme. Elle explique cette moindre mobilisation par le fait qu'»il n'y a plus l'effet de nouveauté, mais aussi parce que les télés n'ont pas parlé de notre manifestation».

Pas de législatives anticipées

Les revendications dominant le cortège: une loi sur le conflit d'intérêt pour mettre fin à l'emprise de Berlusconi sur l'information à travers son empire médiatique, une nouvelle loi électorale et des élections anticipées.

Des perspectives qui semblent bien lointaines car Berlusconi, en dépit de graves divisions au sein de sa majorité, a obtenu mercredi et jeudi le vote de confiance du parlement, éloignant la perspective de législatives avant l'échéance normale de 2013.

«Le message que je veux envoyer à ce gouvernement, c'est qu'il est temps de rentrer dans la légalité. Ils ont été élus par le peuple pour travailler, mais ils ne pensent qu'à leurs intérêts», a estimé Agostino De Pasquale, un ex-carabinier de 55 ans.

Au-delà des appartenances politiques

Le Peuple Violet, né sur le web, se veut un groupement citoyen représentant la société civile au-delà des appartenance politiques, même si dans les faits la plupart de ses soutiens proviennent de la gauche de l'échiquier politique.

Parmi les participants à la manifestation de samedi figuraient ainsi le principal syndicat italien, la CGIL, marquée à gauche et qui revendique cinq millions d'adhérents. On y trouvait aussi des ténors du Parti démocrate (PD, gauche, principal parti d'opposition), comme sa présidente Rosy Bindi.

Le mouvement bénéficie aussi de l'appui de l'Italie des Valeurs, le parti d'opposition farouchement anti-Berlusconi créé par l'ancien juge anti-corruption Antonio Di Pietro, lui-même présent samedi. Berlusconi est un «violeur de la démocratie. Je le dirai jusqu'à mon dernier soupir», a-t-il déclaré en marge de la manifestation.

Sur la tribune installée place Saint-Jean-de-Latran, lieu traditionnel des grands rassemblements politiques de la capitale, sont intervenus des juristes, des journalistes et des membres de la société civile, mais aucun membre de la classe politique, selon la règle du Peuple Violet.

(ats)

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