Actualisé 07.04.2017 à 10:13

GambieAffluence timide aux législatives gambiennes

Les candidatures sont nombreuses, mais la participation limitée, pour le premier scrutin après 22 ans de présidence Jammeh.

Des électeurs, à Banjul. (Image - jeudi 6 avril 2017)

Des électeurs, à Banjul. (Image - jeudi 6 avril 2017)

Keystone

Les Gambiens ont voté jeudi pour désigner leurs nouveaux députés. Le scrutin, le premier depuis le départ de Yahya Jammeh, suscitait l'espoir d'un rééquilibrage des pouvoirs après 22 ans de toute-puissance de l'exécutif, mais il a été marqué par une participation faible.

Un peu plus de 886'000 électeurs, sur quelque 2 millions d'habitants, étaient appelés à choisir leurs parlementaires parmi 238 candidats issus de neuf partis politiques ou de listes indépendantes, un record de candidatures, selon la commission électorale (IEC).

Les opérations de vote se sont déroulées comme prévu, de 08h00 à 17h00 locales. Les bureaux «ont tous fermés maintenant», a déclaré le vice-président de l'IEC. Les premiers résultats étaient attendus dans les prochaines heures, d'après la commission électorale.

Aucun incident n'a été signalé. Mais l'affluence a été timide dans plusieurs lieux de vote, d'après des journalistes de l'AFP, des observateurs électoraux et l'IEC.

«La participation sera quand même faible» par rapport aux précédents scrutins parlementaires, a dit le responsable, précisant que les législatives enregistrent habituellement peu d'affluence aux urnes.

Indécision

Pour le Gambien Ousman Addo, observateur électoral pour une ONG internationale, la forte abstention peut s'expliquer par un sentiment de défaite annoncée chez des militants du parti de Yahya Jammeh, l'alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC).

Il évoque aussi une indécision des sympathisants de la majorité autour du nouveau président Adama Barrow, qui «ont eu peu de temps pour se familiariser» avec le nouveau paysage politique.

En Gambie, pays anglophone enclavé dans le territoire sénégalais hormis sa façade atlantique, le Parlement monocaméral compte 58 députés: 53 élus et cinq nommés par le président pour un mandat de cinq ans.

Yahya Jammeh est parti en exil en Guinée équatoriale en janvier, à la suite d'une intervention militaire de la communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne pour le forcer à céder le pouvoir.

Déclaré battu de moins de 20'000 voix par Adama Barrow, candidat d'une large coalition, à l'élection présidentielle du 1er décembre après plus de 22 ans de pouvoir sans partage, il a contesté pendant six semaines sa défaite.

Troupes de la CÉDÉAO

Un des principaux enjeux des législatives devrait être de mesurer la capacité de l'APRC à surmonter son départ ainsi que le poids respectif des partis de la coalition, qui se présentent séparément à ce scrutin.

«Le seul moyen pour nous, Gambiens, de consolider notre démocratie fraîchement acquise est d'élire des personnes compétentes pour nous représenter au Parlement et faire du programme de réforme du gouvernement une réalité», a confié une électrice, Fatou Suwareh.

«Nous votons pour ceux qui faciliteront le retour de notre héros», a affirmé un autre, Omar Bojang, se disant clairement pro-Jammeh. «Quand la coalition s'est disloquée, il a fallu choisir chacun un parti», a témoigné Yaisa Jawara, une électrice du GDC. En 2012, l'APRC avait remporté une victoire écrasante aux élections législatives, boycottées par la majeure partie de l'opposition.

L'Union africaine et la CÉDÉAO, dont les troupes sont toujours présentes à la demande d'Adama Barrow, ont également envoyé des observateurs. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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