Grèce: Affrontements à Athènes lors d'une manifestation contre le plan d'austérité
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GrèceAffrontements à Athènes lors d'une manifestation contre le plan d'austérité

Des affrontements ont éclaté vendredi lors d'une manifestation à Athènes, à l'heure où le Parlement donnait son feu vert aux nouvelles mesures d'austérité décidées par le gouvernement pour sortir le pays de la crise.

Pendant ce temps, le Premier ministre grec se rendait à Luxembourg et en Allemagne, avant Paris ce week-end, pour obtenir le soutien de l'Europe et rassurer les marchés.

Les incidents se sont produits sur la place Syntagma, surplombée par le Parlement, alors que jusqu'à 7.000 personnes protestaient contre le plan d'économies supplémentaires de 4,8 milliards d'euros. Il prévoit notamment un relèvement de la TVA (taxe à la valeur ajoutée), de 19% à 21%, ainsi que le gel des retraites et des réductions de salaire pouvant atteindre 8% dans la fonction publique.

Le président de la première centrale syndicale du pays, GSEE, s'adressait à la foule quand il a été agressé par des militants d'extrême gauche. Yannis Panagopoulos a échangé des coups avec ses assaillants avant d'être évacué, les vêtements déchirés et en sang.

Des émeutiers s'en sont également pris aux Evzones, les gardes en costume traditionnel -tunique et sabots à pompon-, qu'ils ont chassés de la tombe du soldat inconnu. La police les a dispersés à coups de matraque et de gaz lacrymogènes.

Des violences ont à nouveau éclaté quand des jeunes masqués ont attaqué la police dans l'enceinte du Conseil d'Etat, la plus haute instance administrative grecque, et tenté de forcer l'entrée du ministère du Travail. Ils ont aussi cassé les vitrines de deux banques, deux hôtels, d'une boutique de téléphonie mobile et d'un fast-food. La police a arrêté cinq personnes et comptait sept blessés dans ses rangs.

Une manifestation plus tôt dans la journée s'était déroulée dans le calme, tandis que des incidents moins graves ont éclaté lors de deux rassemblements à Thessalonique (nord-est), la deuxième ville du pays.

Les hôpitaux, écoles et transports publics ont été paralysés toute la journée à l'appel de la GSSE et de la centrale des fonctionnaires ADEDY.

La contestation n'a pas empêché le Parlement d'approuver les mesures d'austérité supplémentaires annoncées mercredi, mais des grévistes du ministère de l'Intérieur ont décidé d'occuper les presses du Journal officiel pour empêcher la publication de la loi et donc son entrée en vigueur.

Les nouvelles mesures ont été décidées sous la pression de l'Union européenne, qui avait jugé un premier plan insuffisant pour atteindre l'objectif d'Athènes de réduire son déficit de quatre points dès cette année et de le ramener à 8,7% du produit intérieur brut (PIB) afin de retrouver la confiance des marchés financiers. La révélation de l'ampleur de la dette publique grecque a en effet plongé le pays dans une très grave crise qui a ébranlé l'euro.

Les mesures supplémentaires ont été bien accueillies par l'Europe et les marchés, qui ont massivement souscrit à l'emprunt d'Etat annoncé jeudi par la Grèce, apparemment rassurés sur sa solvabilité.

Cela fait, le Premier ministre grec a entamé une nouvelle tournée à l'étranger pour demander le soutien de ses partenaires européens. Des garanties bancaires par exemple pourraient rassurer durablement les marchés et de permettre à la Grèce d'emprunter à des taux d'intérêts moins élevés.

Georges Papandréou a été reçu vendredi à Luxembourg par le Premier ministre Jean-Claude Juncker, également président de l'Eurogroupe, puis à Berlin par la chancelière Angela Merkel, dont le pays est la première économie de la zone euro. Mme Merkel a déclaré que la Grèce n'avait pas demandé d'aide financière de l'Union européenne. Cette dernière a promis son soutien à Athènes sans préciser de quelle façon elle comptait l'aider.

Pour pousser l'UE à s'engager à ses côtés, M. Papandréou a menacé de se tourner vers le Fonds monétaire internationale (FMI) s'il n'obtenait pas rapidement une réponse satisfaisante. Jean-Claude Juncker s'est opposé vendredi à un recours au FMI, estimant qu'il fallait «aborder le problème dans le cadre de la zone euro».

Le chef du gouvernement grec doit encore se rendre dimanche à paris pour rencontrer le président Nicolas Sarkozy, et mardi à Washington, où l'attendra le président Barack Obama. (ap)

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