Actualisé 11.08.2017 à 13:13

Face à la terreurAgripper son voisin est un réflexe fréquent

Face à une situation suscitant la peur, le premier réflexe n'est pas de fuir, mais de se rassurer en agrippant son voisin. Ce constat ressort d'une recherche ayant pour décor une maison hantée dans un parc d'attractions au Canada.

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Des spécialistes du comportement de l'Université de Neuchâtel et de l'Ecole normale supérieure (ENS) de Paris ont passé en revue 460 photos montrant des réactions de frayeur de groupes de visiteurs de cette maison. Leurs conclusions viennent d'être publiées dans la revue scientifique Royal Society Open Science.

L'intuition voudrait qu'un individu face à une situation effrayante choisisse la fuite. Mais la réalité est souvent différente. «Dès que l'on se trouve en groupe, les liens sociaux l'emportent sur la volonté de ne penser qu'à soi», relève Guillaume Dezecache, éthologue à l'Université de Neuchâtel.

Les individus cherchent à se rassurer en saisissant un voisin par le bras. Ils s'attendent à ce que l'autre personne fasse de même, ce que l'on nomme la préhension mutuelle. Derrière ces actes sociaux se cachent toutefois des motivations moins altruistes qu'il n'y paraît à première vue.

«L'acte social consistant à rechercher le contact physique avec son voisin est en réalité motivé par une envie de se protéger soi-même», nuance Julie Grèzes, chercheuse au laboratoire de neurosciences cognitives à l'ENS, citée dans un communiqué de l'Université de Neuchâtel publié le 10 août.

Avec la maison hantée à Niagara Falls au Canada, les chercheurs ont pu analyser des réactions purement éthologiques et prises sur le vif. Elles sont révélées sur des images capturées par des caméras automatiques de l'attraction et qui sont vendues ensuite aux visiteurs à la fin du parcours. (ats)

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