Actualisé 03.03.2008 à 14:28

Ahmadinejad: les forces étrangères doivent quitter l'Irak

Achevant la première visite en Irak d'un président iranien, Mahmoud Ahmadinejad a nié lundi à Bagdad les accusations américaines affirmant que l'Iran forment des militants chiites pour les envoyer en Irak, et a exigé que les Etats-Unis se retirent du pays.

Lors d'une conférence de presse de près d'une heure, le président iranien a affirmé que les accusations américaines n'ont aucune valeur aux yeux de la population iranienne.

«Bien sûr, les autorités américaines font ces remarques et ces déclarations, et on s'en fiche (...) parce qu'elles font ces déclarations sur la base de renseignements erronés», a-t-il déclaré.

Il a également estimé que la présence de soldats étrangers en Irak était «une insulte aux nations de la région, et une humiliation». «La présence d'étrangers dans la région se fait au détriment des nations de la région», a-t-il affirmé, ajoutant que cette présence ne faisait qu'entretenir «la haine» que se vouent certains pays du Proche-Orient. «Ce n'est rien d'autre qu'une humiliation pour les pays de la région».

Avant cette conférence de presse, Mahmoud Ahmadinejad et le président irakien Jalal Talabani avaient signé sept documents portant sur le commerce, le développement industriel et les douanes.

Mahmoud Ahmadinejad est le premier président iranien à se rendre en visite officielle en Irak. Ce voyage de deux jours avait, selon lui, pour but d'ouvrir le chapitre de la normalisation entre Bagdad et Téhéran, autrefois ennemis jurés. Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, les deux pays sont désormais dirigés par les chiites, majorité opprimée du temps du raïs de Bagdad, quand nombre d'opposants chiites irakiens vivaient en exil en Iran.

La visite d'Ahmadinejad, bête noire de Washington, est aussi un geste de défi en direction des Etats-Unis. L'Iran et l'Irak étaient en effet les pires ennemis il y a encore peu de temps. Les deux pays ont été en guerre entre 1980 et 1988, suite à l'attaque de son voisin par l'Irak de Saddam Hussein. Le conflit a fait un million de morts et les deux pays n'ont toujours pas signé de traité de paix en bonne et due forme.

La visite d'Ahmadinejad est donc historique, même si un millier de personnes issues d'un quartier sunnite de Bagdad ont manifesté lundi contre sa venue. «Tes mortiers ont précédé ta venue», pouvait-on lire sur une des pancartes des manifestants. (ap)

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