Actualisé 12.06.2009 à 20:32

Iran

Ahmadinejad, président controversé

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, en tête de l'élection présidentielle vendredi selon les premiers résultats partiels, fait figure d'épouvantail en Occident, tandis que sa politique populiste a suscité la controverse chez lui.

Cet ultraconservateur, qui se présente en défenseur des pauvres et en dévot de l'islam, s'est attiré le courroux des grandes puissances à cause de sa rhétorique agressive.

Peu après sa victoire surprise en 2005, M. Ahmadinejad s'est rendu célèbre en affirmant qu'Israël était voué à «disparaître de la carte» et que l'Holocauste était un «mythe».

M. Ahmadinejad, qui a comparé le programme nucléaire du pays à «un train sans frein et sans marche arrière», a incarné le refus du régime de le suspendre malgré les pressions internationales.

En Iran, il a été critiqué par bon nombre d'économistes pour sa politique de distribution massive des pétro-dollars qui a abouti à une forte inflation (23,6%), sans pour autant réduire le chômage et la pauvreté.

Agé de 52 ans, il est marié et père de deux garçons et d'une fille.

Ce fils de forgeron est né dans le petit village d'Aradan, situé à 90 km au sud-est de Téhéran. Il a grandi à Téhéran et a obtenu un doctorat en gestion de transport urbain.

Au moment de la révolution de 1979, il s'est enrôlé parmi les étudiants islamistes de Téhéran avant de s'engager dans le corps des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime.

Plus tard, il prendra son premier poste politique en devenant gouverneur de la province d'Ardebil (Nord-Ouest).

En 2003, il devient maire de Téhéran, poste qu'il utilisera comme tremplin pour devenir président en juin 2005.

Lors des récents débats télévisés, il a soigné son image d'homme du peuple, en affirmant qu'il vivait seulement avec son salaire de professeur.

Son populisme plaît encore, en particulier dans les milieux populaires des villes et campagnes.

Alors que ses rivaux le qualifient d'«imprévisible» à cause de sa rhétorique agressive, ses partisans voient en lui l'homme «qui aide les pauvres».

«S'il y a deux personnes en difficulté, Ahmadinejad aidera d'abord celui qui est en plus mauvaise posture», affirmait par exemple Mehdi Mahmoudi, un jeune habitant de la ville populaire d'Islamshahr en bordure de Téhéran.

Ces derniers jours, il a été très critiqué par ses adversaires pour avoir mis en cause, lors d'un débat télévisé, les diplômes de Zahra Rahnavard, l'épouse de son principal concurrent, Mir Hossein Moussavi.

«C'était un coup bas», a estimé Nassim, un jeune électeur, alors que Mme Rahnavard a menacé de porter plainte.

M. Ahmadinejad a instauré un nouveau style de gouvernement en réunissant son conseil des ministres toutes les deux ou trois semaines dans les villes de province pour «mieux comprendre les problèmes du peuple».

En quatre ans, 20 millions de lettres de demande d'aide lui ont été remises et un service a été créé pour répondre à chacune d'elles et fidéliser l'électorat populaire.

S'il est réélu, M. Ahmadinejad, qui bénéficie du soutien implicite du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, sera en première ligne pour répondre à l'offre de dialogue du président américain Barack Obama.

Ce dernier a décidé de «tendre la main» à l'Iran. Sans la rejeter, M. Ahmadinejad a demandé un changement «dans la pratique» de la politique américaine.

Dans le même temps, il a poursuivi sa rhétorique agressive comme il l'a fait récemment en affirmant que l'Holocauste était une «grosse tromperie».

(afp)

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