Votations 13 février: tout sur le train de mesures en faveur des médias
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Votations du 13 févrierTout comprendre sur les mesures d’aide aux médias

Après l’aboutissement du référendum, le peuple suisse devra se prononcer sur le «train de mesures en faveur des médias», proposé par le Parlement. «20 minutes» vous explique tout.

par
Pauline Rumpf
Les journaux suisses peinent à survivre avec la baisse des recettes de la publicité. La loi fédérale pour l’aide aux médias, au vote le 13 février, veut y remédier.

Les journaux suisses peinent à survivre avec la baisse des recettes de la publicité. La loi fédérale pour l’aide aux médias, au vote le 13 février, veut y remédier.

LMS

Un oui et trois non?

Selon le premier sondage Tamedia/20minutes publié le 7 janvier, la loi sur l’aide aux médias serait refusée de justesse. La campagne reste cependant encore longue.

Sur quoi on vote

Alors que le Parlement s’était mis d’accord sur la «loi fédérale sur un train de mesures en faveur des médias», un comité issu de la droite a lancé un référendum contre cette proposition.

Le paquet de mesures d’aide aux médias porte sur une durée de 7 ans, et propose d’ajouter 151 millions de francs par an aux aides déjà existantes, soit 136 millions par an.

Source: Office fédéral de la communication (Ofcom)

Ce qui changerait

  • Prise en charge par la Confédération d’une partie du coût de distribution de la presse par la Poste. Ce système existe déjà, mais «seulement» à hauteur de 50 millions de francs; on en ajouterait 70 pour atteindre 120 millions. Cette aide vise spécifiquement la distribution tôt le matin et le dimanche.

  • Soutien direct aux médias en ligne payants. La Confédération verserait 30 millions de francs pour accompagner leur transition numérique. L’aide par média serait limitée à 60% de leur chiffre d’affaire, pour cinq ans, et les éditeurs ne pourraient faire qu’une seule demande par région linguistique («clause holding»).

  • Soutien aux écoles de journalisme, à l’agence de presse nationale Keystone-ATS, au Conseil suisse de la presse et à des projets informatiques globaux. Cette mesure financée par la redevance radio-tv existe déjà, mais passerait de 5 millions de francs à 28 millions, soit 23 millions de plus.

  • La part de la redevance radio-tv destinée aux radios et télévisions privées passerait de 4-6% à 6-8% du total prélevé par Serafe. Elles se répartiraient donc 109 millions de francs par an au lieu de 81 actuellement, soit une hausse de 28 millions. Le reste continuerait de financer la SSR.

Qui est pour cette aide aux médias, et pourquoi?

La majorité du Parlement, notamment la gauche, et le Conseil fédéral défendent cette aide à la presse. Les représentants des médias ainsi que de Reporter sans frontières ou le Groupement suisse pour les régions de montagne le soutiennent également.

Pour eux, des médias forts sont indispensable au bon fonctionnement de la démocratie et à la cohésion sociale. Ils estiment que la chute vertigineuse des recettes de publicité, qui s’est reportée sur les plateformes internationales comme Google ou Facebook, met à mal leur existence et la qualité de leur travail, notamment pour certaines régions de moins en moins couvertes. Le comité «La liberté d’opinion» cite l’exemple d’Appenzell Rhodes-Extérieures, qui ne dispose plus d’aucune rédaction locale, et rappelle que 70 journaux ont disparu depuis 2003.

Qui est contre cette aide aux médias, et pourquoi?

Le référendum a été lancé par un comité baptisé «Non aux médias contrôlés». Selon ses membres, principalement issus de l’UDC et d’une partie du PLR, il s’agit d’un gaspillage de l’argent public, alors que les éditeurs privés se portent financièrement très bien.

Ils craignent également que cette implication financière ne mette à mal l’indépendance des médias, qui n’oseraient plus critiquer la main qui les nourrit, soit l’Etat. Inquiétude partagée par le mouvement citoyen Les amis de la Constitution, qui préconise plutôt de distribuer l’argent à la population sous forme de bons ou d’abonnements.

Et «20 minutes» ?

Dans un but de transparence, «20 minutes» doit être clair sur ses intérêts dans cette votation.

En tant que média gratuit, tout comme lematin.ch, «20 minutes» ne touchera pas les aides destinées aux médias en ligne, réservées aux titres payants. Votre journal n’est pas non plus touché par le soutien à la distribution, puisque, sans système d’abonnements, celle-ci ne passe pas par la Poste. L’issue du vote n’aura donc pas d’impact direct pour «20 minutes».

Indirectement, cependant, l’éditeur de «20 minutes» Tx Group serait concerné par les subventions proposées, en tant que propriétaire de Tamedia, qui édite notamment «24 heures», «La Tribune de Genève» ou «Le Matin Dimanche».

Tout savoir sur la votation du 13 février

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