Genève: Aide aux victimes: violence conjugale en tête
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GenèveAide aux victimes: violence conjugale en tête

Le Centre genevois de consultation pour les victimes d'infractions a traité de près 2500 situations en 2019. Près de la moitié concernait des cas de violence au sein d'un couple ou de la famille.

par
leo
La honte, la peur de ne pas être crue ou la crainte d'empirer la situation font partie des raisons invoquées par les victimes pour garder le silence.

La honte, la peur de ne pas être crue ou la crainte d'empirer la situation font partie des raisons invoquées par les victimes pour garder le silence.

Keystone

Une grande majorité de femmes se sont adressées au Centre genevois de consultation LAVI (Loi fédérale d'aide aux victimes d'infractions pénales) en 2019. Celui-ci reçoit notamment des victimes dont seule une minorité ose dénoncer leur situation ou porter plainte. L'an passé, 2429 situations ont été traitées, dont 1523 nouveaux dossiers. Pour au moins 45% des cas, il s'agit de violence exercée au sein du couple ou de la famille. 72% des personnes qui ont consulté le Centre LAVI étaient des femmes. «Leur proportion est particulièrement élevée parmi les victimes de violences conjugales ou familiales (plus de 80%) et de violences sexuelles (93%)», souligne l'association.

Parmi les nouveaux cas traités, onze concernaient des homicides, soit 1%. Pour le reste, les victimes ou leurs proches ont consulté principalement pour des atteintes à l'intégrité physique (52%). Les atteintes à l'intégrité sexuelle arrivaient en second (22%). Le Centre LAVI relève que celles-ci sont en augmentation continue depuis 2018. Les délits concernant des atteintes à la liberté représentaient 13% des nouvelles situations traitées, à l'intégrité psychologique 5%, tandis que 7% ne relevaient pas de la LAVI.

Droits des victimes encore méconnus

Enfin, le Centre LAVI observe que les droits des victimes lors d'une procédure pénale tels que la protection de la personnalité, le droit au refus de la confrontation ou le droit à un accompagnement, sont encore méconnus. Les conséquences psychologiques de la violence sont aussi largement ignorées, note l'association, qui pointe également les stéréotypes défavorables présents dans les mentalités. Ceux-ci sont à l'origine de la banalisation et des blâmes adressés aux victimes par leurs proches ou par les professionnels, «ce qui contribue à façonner leur silence». En conséquence, une journée de formation destinée aux professionnels sera organisée deux fois, les 23 avril et 26 mai.

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