Actualisé 14.03.2019 à 09:36

Plateforme pour la migration

Aide fédérale coupée après une hypnose interdite?

La coopération suisse enquête sur une plateforme pour la migration financée par ses soins. Elle n'exclut pas de suspendre le projet.

de
Pascal Schmuck, Zurich
Une Plateforme pour la migration et le développement se retrouve au centre d'une enquête.

Une Plateforme pour la migration et le développement se retrouve au centre d'une enquête.

Keystone

La Plateforme pour la migration et le développement retient désormais l'attention des autorités fédérales. Non seulement son activité semble sujette à caution mais elle partage ses locaux avec une entreprise privée spécialisée dans la traumatologie.

La plateforme est financée par la Confédération à hauteur de 2,5 millions de francs mais elle fait désormais l'objet d'une enquête menée par la Direction du développement et de la coopération (DDC), qui envisage de suspendre le projet, révèle le «Tages-Anzeiger».

Lien entre les deux entités

Les limiers s'intéressent au patron Peter Urs Aeberhard, qui dirige également l'entreprise «Trauma Healing and Creative Arts Coalition (THAC)». Le Bernois explique dans un premier temps qu'il n'y a aucun lien entre la société et la plateforme mais sur la page Facebook, il est fait état d'un salaire brut incluant les frais de déplacement de plus de «111 000» francs suisses, en prévision de la charge de travail de 45% de THAC GmbH sur la plate-forme de migration.

Il corrige ensuite pour affirmer que Caritas, en tant qu'organisation chef de file pour la plateforme, lui a versé des honoraires de consultant par l'intermédiaire de sa société pendant la phase initiale du projet.

Un migrant soigné

Détail piquant, THAC a été exonéré d'impôts par le Canton de Berne, comme pour toute entreprise qui poursuit des objectifs publics ou à but non lucratif. Mais il apparaît que la majeure partie des revenus annuels de l'entreprise, soit près de 150 000 francs suisses, a été versée directement à Peter Urs Aeberhard sous forme d'honoraires.

Le Bernois affirme avoir soigné un migrant traumatisé au moyen d'hypnose. Problème, il n'a aucun diplôme en psychologie ou en médecine. Selon la Fédération Suisse des Psychologues (FSP), l'hypnose dans le traitement des traumatismes doit être pratiquée par des psychologues ou des médecins formés en psychothérapie. Et donc titulaire d'une licence professionnelle, ce que Peter Urs Aeberhard n'a pas confirmé détenir.

Accusation de propagande

La plateforme présente également la migration sous un jour très positif, un peu trop d'ailleurs puisque selon des documents internes, ce biais est voulu. Elle fait en sorte que les bons exemples soient utilisés pour illustrer les avantages de la migration et pour proposer des alternatives à une politique d'immigration restrictive.

Caritas se défend de toute accusation de propagande. Elle affirme que les aspects négatifs sont également abordés. Toutefois des sujets tels que la fuite des cerveaux, les noyades en Méditerranée ou la montée des populismes en Occident suite à la vague de réfugiés en 2015 ne sont pas abordés sur le site web de la plate-forme.

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