Actualisé 02.04.2013 à 19:37

SyrieAide humanitaire difficile à acheminer

De violents combats entre rebelles et armée syrienne ont secoué mardi deux quartiers périphériques du nord et de l'est de Damas, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée repousse depuis plusieurs semaines à coups de bombardements les attaques des insurgés qui tentent de pénétrer au coeur de Damas, place forte du régime, à partir de poches insurgées dans les quartiers périphériques et les banlieues de la capitale.

Trois hommes ont été tués et plus de 20 civils ont été blessés par des bombardements sur la grande banlieue du sud de Damas Hajar al-Aswad, selon l'OSDH. Dans la province de Damas, un garçon de trois ans, sa soeur de cinq ans, leur mère et leur grand-mère ont péri à l'aube dans un bombardement de l'armée syrienne.

Avec plus de 6000 morts, mars a été le mois le plus meurtrier selon l'Observatoire depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad il y a de deux ans qui s'est militarisée après avoir été réprimée dans le sang.

Difficultés du PAM

Dans ce contexte d'intensification des violences, l'aide est de plus en plus difficile à acheminer sur le terrain, a affirmé mardi à Genève le Programme alimentaire mondial (PAM). Un grand nombre de Syriens ne reçoivent pas l'aide dont ils ont besoin, selon l'agence de l'ONU.

Le PAM a pu distribuer de l'aide à près de deux millions de Syriens en mars, dans les 14 gouvernorats, mais il est confronté à d'énormes difficultés dans certaines régions de Damas rural, Deraa, Kuneitra, Deir Ezzor, Alep et Idlib et d'autres régions du nord du pays.

«C'est devenu une bataille pour arriver à déplacer de la nourriture d'un endroit à l'autre. Nos entrepôts et nos camions sont de plus en plus pris dans les échanges de tirs», a déclaré Muhannad Hadi, coordinateur régional du PAM, cité dans un communiqué.

«Nous sommes parfois obligés d'annuler une distribution de nourriture dans un endroit où les besoins sont criants», a-t-il ajouté. La situation est particulièrement critique dans des zones tenues par l'opposition où le conflit fait rage, a indiqué le PAM.

Situation critique

La situation est également critique dans le camp de réfugiés de Domiz, dans le nord de l'Irak, a affirmé mardi à Genève le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Le camp est déjà surpeuplé, alors que de 800 à 900 Syriens y arrivent chaque jour.

«L'exode continue et la pression exercée sur les pays voisins par les Syriens fuyant les violences va croissant», a averti un porte-parole du HCR Adrian Edwards. A la fin mars, plus d'1,2 million de Syriens ont trouvé refuge dans les pays voisins de la Syrie.

«La situation est particulièrement inquiétante dans le camp de Domiz, dans le Kurdistan irakien», a déclaré le prote-parole. le camp accueille 35'000 réfugiés et est surpeuplé, a-t-il indiqué.

Appel des évêques suisses

Dans ce contexte, les évêques suisses ont lancé mardi un appel aux dons en faveur des réfugiés syriens au Liban. Ils soutiennent ainsi l'action de récolte de fonds lancée à cette fin par l'oeuvre d'entraide catholique Caritas Suisse.

Caritas aide les réfugiés syriens, majoritairement des femmes et des enfants, au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Syrie depuis avril 2012. L'association leur fournit une aide d'urgence et de survie pour un montant global de plus de 5 millions de francs, écrit l'organisation sur son site en ligne. (ats)

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