Aider les exclus des banques
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Aider les exclus des banques

Le microcrédit aide les jeunes entrepreneurs exclus du système bancaire. Victime de son succès, il manque de fonds.

«En 2003, j'ai demandé à la BCV un prêt qui m'a été refusé. J'ai compris que, pour monter mon entreprise, ce serait dur d'obtenir de l'argent auprès d'une banque», explique Mike Tieman. Ce Canadien de 34 ans, arrivé deux ans plus tôt en Suisse, s'est alors tourné vers la fondation d'Association solidarité et création d'entreprises (ASECE), qui propose des prêts d'un maximum de 30 000 fr. à des personnes résidant en Suisse.

Quelques semaines plus tard, après analyse de son projet, il a obtenu un crédit de 25 000 fr. à 3,5% d'intérêt. De quoi lui permettre de monter son entreprise de paysagisme et d'horticulture.

Le microcrédit connaît un engouement croissant en Suisse. Preuve en est l'augmentation constante des demandes de prêt auprès de l'ASECE. De 17 en 1998, elles sont passées à 266 l'année dernière en Suisse romande. Seul hic, la fondation ne dispose que d'un capital d'environ 900 000 fr. Sur les 90 dossiers traités l'année dernière, seuls quinze ont débouché sur un prêt.

«Cela aurait pu être le double si nous avions eu plus de moyens», précise le fondateur, Georges Aegler. L'ASECE lance aujourd'hui son réseau national, avec des antennes à Genève, Fribourg, Sion, La Chaux-de-Fonds, Lyss (BE) et Lugano. Elle espère notamment convaincre les banques cantonales de mettre des fonds à sa disposition.

Cédric Alber

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